La grande peur de la «bombe gay» renaît en Turquie

Les tensions actuelles entre les USA et la Turquie font resurgir le fantasme d’une pseudo arme américaine qui changerait l’orientation sexuelle de la population.

En plein bras de fer entre les deux pays, tout est bon désormais pour faire frémir les masses turques contre l’ennemi américain. Dans «Sabah», titre proche du régime de Tayyip Recep Erdogan, un journaliste et présentateur télé vedette a laissé entendre que Washington serait capable d’utiliser une arme chimique… qui rendrait la population gay. «Quand les USA se préparent à aller en guerre, ils planifient soit de lâcher une bombe qui changera les préférences sexuelles de la population, soit de tuer tout le monde», a écrit Mehmet Barlas dans l’édition de lundi, citée par le site d’opposition Ahval.

Cette menace résonne de manière particulière dans un pays où le pouvoir islamo-conservateur stigmatise de plus en plus les mouvements LGBT perçus comme étant sous influence occidentale.

Selon le journaliste, qui dit s’appuyer sur des «documents récemment déclassifiés», la bombe gay est envisagée par les USA depuis la seconde guerre mondiale comme une alternative à l’arme atomique. Barlas complète son éditorial avec des divagations, plus habituelles au Moyen-Orient, sur l’utilisation de vaccins pour stériliser les populations de certains pays.

Orgies gay, flatulences et mauvaise haleine
En fait de documents déclassifiés «récemment», cela fait plus de dix ans que le projet de «bombe gay» a été exhumé des archives militaires US. Il s’agissait effectivement d’une idée caressée par des scientifiques de l’US Air Force dès les années 1940, qui imaginaient à lâcher un puissant aphrodisiaque sur l’ennemi dans le but de semer une vaste pagaille homosexuelle dans ses rangs.

Des «armes» provoquant une transpiration extrême, des flatulence, voire une haleine pestilentielle avaient été évoquées dans les mêmes travaux, menés dans un institut militaire de l’Ohio. Tous ces projets sont restés à l’état d’ébauche – aucun agent chimique connu n’ayant les propriétés requises – et n’ont eu pour effet que d’alimenter la machine à théories conspirationnistes.

3 comments

Je note,tout de même que si l’agent chimique adéquat avait existé,ils auraient au moins essayé.Et donc le risque(ou la chance,c’est selon) existe toujours pour peu qu’un salarié de Monsanto-Bayer(au hasard) trouve la molécule Ad Hoc!

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