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Aux États-Unis, la bataille pour le «droit de discriminer»

Après l'Indiana, le Mississippi s'est doté d'une loi permettant aux commerçants et entrepreneurs de refuser de servir les clients homosexuels ou transgenres sous prétexte de «croyances religieuses».

«Interdit aux chiens et aux homos»: c’est la pancarte que l’on pourra rencontrer – en toute légalité – sur la devanture des commerces du Mississippi. Phil Bryant, gouverneur de ce petit Etat rural du Sud profond (3 millions d’habitants), a signé ce mardi le décret de promulgation de la loi HB1523, qui permet aux églises, institutions caritatives et entreprises de refuser de servir les personnes gay, lesbiennes et transgenres.

Concrètement, la «Loi sur la Préservation de la liberté de conscience face à la discrimination gouvernementale» du Mississippi se propose de «protéger» les institutions privées et religieuses (mais pas l’autorité publique et ses agents) dans leurs croyances, à savoir:
1. le mariage est entre un homme et une femme
2. il n’y a pas de relations sexuelles hors mariage
3. le sexe d’une personne ne se change pas.
«Cette loi est une gifle aux tenants des principes américains d’équité de justice et d’égalité, et elle ne protège la liberté de personne», a commenté la puissante American Civil Liberties Union. Le gouverneur Bryant, quant à lui, a justifié la promulgation par la volonté d’«empêcher le gouvernement de s’immiscer dans la vie des gens».

Contre-offensive
Les Congrès de plusieurs Etats ont débattu ou débattent actuellement de textes similaires. L’Indiana a adopté le sien en juillet 2015. Ces dispositions s’inscrivent dans le cadre d’une vaste contre-offensive entamée depuis l’arrêt de la Cour suprême fédérale du 26 juin 2015, qui légalise le mariage pour tous au niveau fédéral.

La soi-disant «protection de la liberté religieuse» surfe aussi sur l’indignation des milieux conservateurs après les démêlées judiciaires de pâtissiers sanctionnés pour avoir refusé de confectionner un gâteau pour une noce gay ou d’hôteliers poursuivis pour avoir refusé une chambre à un couple de même sexe. Dernièrement, c’est le débat sur l’affectation des toilettes aux personnes trans qui ulcère une partie de l’électorat chrétien.

Boycott
Portée par les Républicains du Tea Party, la progression des lois dites de «protection de la liberté religieuse» soulève toutefois de fortes résistance. Outre les appels au boycott de la société civile, plusieurs grandes municipalités ont menacé d’annuler les déplacements de leurs agents dans les Etats concernés. Dans l’Indiana, les autorités ont estimé à 60 millions de dollars les dégâts causés par la loi depuis sa promulgation, du fait de l’annulation de plusieurs congrès et autres événements prévus dans l’Etat.

Mais c’est surtout la pression des grandes entreprises qui semble décisive. En Géorgie, l’intervention de Disney, Apple, Time Warner, Dow Chemicals, Unilever, Intel et même de la fédération nationale de football américain, la NFL, entre autres, a poussé le gouverneur de Géorgie à opposer son veto, au nom des intérêts économiques locaux, au texte adopté par le Congrès local. Prochaine étape: la Caroline du Nord, dont les députés ont eux aussi plébiscité la «protection de la liberté religieuse». La balle est dans le camp du gouverneur. Là encore, les géants du business se mobilisent. PayPal, notamment, a annoncé qu’il gelait l’extension de son centre de Charlotte, avec 400 emplois et des millions de dollars d’investissements à la clé.