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Les Pussy Riot écopent de 2 ans de prison

Trois des membres du collectif punk-queer russe, ardent défenseur des causes féministes et LGBT, ont été reconnues coupables de «hooliganisme» après leur coup d'éclat dans une cathédrale moscovite.

Maria Alyokhina, 24 ans, Nadezhda Tolokonnikova, 22 ans, et Yekaterina Samutsevich, 29 ans, étaient jugées pour avoir organisé un concert sauvage dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou, en février dernier. Elles avaient tenté d’y interpréter leur chanson «Vierge Marie, débarrasse-nous de Poutine» avant d’être interrompues par des fidèles et emmenées par la police.

L’accusation avait requis 3 années de camp. Au terme d’un verdict fleuve, elles ont finalement écopé de deux ans de prison, moins les six mois qu’elles ont déjà passé en détention. Pour la juge, elles bénéficient de circonstances atténuantes, notamment en raison du fait que deux d’entre elles ont des enfants et que leur casier judiciaire est vierge. La magistrate a toutefois considéré qu’elles avaient agi «par haine et hostilité contre la religion», soulignant que la performance démontrait leur «mépris pour les citoyens», rapporte l’agence Interfax citée par le «Guardian». La juge a également lourdement insisté sur le fait que le bref (40 secondes) «concert» était le résultat d’une conspiration, notant qu’une sono, des lumières et des cameras attendaient les prévenues à l’intérieur de l’édifice religieux.

Leur procès – expéditif – a été émaillé d’irrégularités, et largement dénoncé comme «politique». Les artistes ont reçu le soutien d’une partie de l’opposition russe, qui manifestait ce matin devant le tribunal. Plusieurs figures protestataires de premier plan, dont Gary Kasparov, ont été arrêtées. Des personnalités du monde politique et du show-business international, de Madonna à Sting, sont aussi montées au front pour défendre le trio.

Soutien à la cause LGBT
Les militants LGBT se sont aussi joints à la campagne pour la relaxe des trois jeunes artistes. Plusieurs de leurs chansons soutiennent la lutte contre le sexisme et pour la libre expression de la minorité gay, lesbienne et trans, de plus en plus étroitement bâillonnée en Russie. La «prière contre Poutine» mentionnait d’ailleurs:

«Robe noire, épaulettes dorées / Tous les paroissiens rampent pour se prosterner / Le fantôme de la liberté est au ciel / Et la gay pride envoyée, enchaînée, en Sibérie…»

Le collectif aurait également pris part à des manifs LGBT interdites, a récemment noté le magazine américain Wired. De fait, le lien entre les Pussy Riot et le mouvement LGBT russe n’a pas échappé aux fondamentalistes religieux. D’après eux, ce sont les homosexuels qui ont commandité la protestation du groupe punk dans la cathédrale.

Pendant ce temps, l’opinion russe reste profondément divisée sur ce que beaucoup, à l’instar du Patriarcat orthodoxe, considèrent comme une «profanation».