Monde

Le ras-le-bol des LGBT chiliens

Samedi, la Gay Pride de Santiago a enregistré une affluence record. Alors que l’Argentine et le Brésil avancent à pas de géant, le Chili semble toujours verrouillé par les Eglises et les héritiers de Pinochet.

Tandis que ses voisins tels que le Brésil ou l’Argentine ont ouvert leurs registres aux couples de même sexe (qui peuvent même se marier dans ce dernier pays), au sud-est du continent latino-américain, rien de nouveau. Ou presque. Car hier samedi, ils étaient des dizaines de milliers de gays, lesbiennes, bi et trans à défiler dans les rues de Santiago du Chili. Une affluence jamais vue: Movih, la principale organisation LGBT du pays a estimé l’affluence à 80’000 personnes.

Principale revendication des LGBT chiliens, une reconnaissance des unions civiles. «Nous ne voulons plus être des citoyens de seconde zone vis-à-vis de l’Etat», a déclaré Rolando Jiménez, président de l’association à l’AFP. La sénatrice Isabel Allende, fille du président Salvador Allende tué dans un coup d’Etat en 1973, était aussi présente. «C’est un chemin long et difficile, mais nous avons avancé, et un jour nous arrivons au mariage gay», a-t-elle expliqué.

Promesse non tenue
En 2011, le président de centre-droit Sebastián Piñera n’est pas parvenu à faire passer un loi sur les unions civiles, une promesse de campagne. L’opposition conservatrice, héritière de Pinochet, a bloqué le texte. Des sondages récents signalent une forte hostilité à ce sujet. Malgré cela, les mentalités évoluent peu à peu. Le pays est encore sous le choc du meurtre de Daniel Zamudio. En mars dernier, ce jeune gay de 24 ans avait été tabassé et torturé par des néonazis. Il avait succombé à ses blessures après trois semaines d’agonie. L’affaire avait abouti à l’adoption en un temps record d’une loi antidicrimination.

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24 juin 2012   Thèmes: Étiquettes : ,

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