Fuir Amsterdam

De plus en plus d’homosexuels quitteraient la ville pour les régions rurales – y compris les plus conservatrices – afin d’échapper à des provocations homophobes perçues comme de plus en plus fréquentes.

«Le rêve est en train de s’évaporer». C’est ainsi que débute un reportage publié par le site de Radio Netherlands, qui revient sur la situation tendue qui règne dans la capitale néerlandaise. Le nombre de cas de discrimination et de violence rapportés à l’encontre de personnes LGBT y a grimpé de 54% entre 2009 et 2010. Un bond que la police d’Amsterdam attribue à une plus forte propension à porter plainte de la part de ce public. Mais la droite populiste xénophobe ne manque pas de pointer du doigt la proportion de jeunes hommes issus de l’immigration impliqués dans ces incidents: 36% pour les seuls Marocains et Néerlandais originaires de ce pays.

Un cas illustre le problème: celui de deux femmes qui témoignent sous le nom de Robin et Sam. Elles racontent avoir été harcelées dans leur vie quotidienne: photos pornos dans la boîte à lettres, menaces de mort au supermarché, voire des coups. Comme une fois, où elles se baladaient main dans la main. «Un Maroccain est venu vers nous et nous a dit: Qui des deux fait l’homme?, raconte Robin. Moi, je déteste ces trucs butch-femmes, mais Sam a répondu: Je suis l’homme. Nous nous apprêtions à rire, mais le type a décoché un coup de poing. Heureusement il a raté ma tête, mais il a frappé mon épaule. C’était incroyablement douloureux.» Depuis l’incident, le couple est constamment «sur ses gardes» et a renoncé à se tenir la main en public. Le pire, racontent-elles, c’est le sentiment d’être sans recours devant les abus. Elles ne croient pas à la capacité de la police de faire quoi que ce soit.

La solution? S’en aller. En l’occurrence, vers l’est du pays. Les deux femmes se sont installées à Harderwijk, dans le Veluwe, une région réputée pour être la «Bible Belt» – la «Ceinture de la Bible» hollandaise. Ce qu’elles pensent de leurs nouveaux voisins évangéliques? «Ce sont vraiment des hypocrites. On nous dit qu’en tant que couple, on est OK. Mais il ficheraient leurs propres gamins dehors s’ils s’avéraient qu’ils étaient gay.»

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