Si la visibilité a longtemps été pensée comme une condition d’accès aux droits et à la reconnaissance, l’hypervisibilité des corps queer interroge aujourd’hui ses effets politiques réels. En privilégiant certaines identités, certains corps et certains récits, elle produit des hiérarchies, renforce des normes et transforme la représentation en objet de consommation. À qui profite réellement cette mise en lumière? Décryptage d’un paradoxe contemporain.
Catégorie : Actualité
Heated Rivalry débarque en Europe ce vendredi 6 février, avec d’ores et déjà le statut de phénomène. En Amérique du Nord, la série qui raconte la romance entre deux hockeyeurs stars a rendu accro des millions de personnes. Et, malgré les codes assumés de la romance gay, la série montre enfin une intimité safe et consentie. Première partie de notre critique en trois volets.
Croire qu’on peut reconnaître une lesbienne au premier regard, c’est déjà accepter une part de fantasme, de stéréotypes et de désir. Ongles courts, bague au pouce, regard qui s’attarde: entre codes communautaires, intuitions bancales et projections joyeuses, Annabelle interroge avec une pointe d’ironie ce fameux «gaydar» lesbien — et ce qu’il dit surtout de nous.
Loin de la scène culturelle romande, l’exposition de Kent Monkman s’impose comme un coup de cœur impossible à oublier de Montréal. À travers des peintures monumentale, queer et bispirituelle, l’artiste réouvre les récits coloniaux et relie l’histoire aux violences bien actuelles. Une œuvre qui hante et qui déplace durablement le regard.
Une rencontre sur Grindr commence par un «tu cherches quoi?». Une question simple, qui exige une réponse immédiate — vague, mais parfaitement vendable pour ne pas faire fuir « l’acheteur ». Du sérieux? Trop intense. Du cul? Trop queutard. «Je sais pas»? Ghosté direct. Sur Grindr, on ne cherche pas toujours quelqu’un·x — on cherche souvent la bonne réponse.
Chez de nombreuses lesbiennes, le sexe entre ami·e·xs s’impose comme une évidence: une manière de vivre le désir sans promesse romantique, dans un cadre connu, choisi, sécurisant. Deux célibataires nous racontent ces relations à la frontière de l’amitié, de l’intimité et du soin, souvent entre deux histoires d’amour.
À force de célébrer certaines victoires comme des aboutissements, la communauté queer a peut-être perdu de vue ce qui faisait sa force collective. Derrière la nostalgie du «retour en 2016», se cache une période charnière où reconnaissance légale, fragmentation des luttes et montée de l’individualisme ont commencé à redessiner les contours du militantisme queer.
Le chanteur britannique David Bowie est mort il y a tout juste 10 ans. Figure incontournable du rock et ouvertement bisexuel durant ces jeunes années, il a ouvert la voie à de nombreux artistes queers et à la reconnaissance de la fluidité sexuelle.
Se dire inclusif est devenu presque un réflexe dans les milieux de gauche. Pourtant, derrière des discours progressistes bien maîtrisés, les mêmes mécanismes continuent souvent d’opérer. L’inclusivité performative donne l’impression d’être — et de paraître — du bon côté, sans que dans les pratiques, grand-chose ne change concrètement. Alors comment la reconnaître et quels leviers activer pour passer à une inclusivité active ?
Le Festival international de films indépendants genevois propose un programme riche de 104 œuvres dès le 16 janvier. Quinze réalisateurs sont invités, ainsi que l’acteur chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique. Coup d’œil aux pépites queer…
Arrêter de boire, ce n’est pas arrêter de faire la fête. C’est accepter de voir quelles relations tiennent encore sans la béquille qu’est l’alcool. Être sobre, dans nos cercles sociaux, ça change quoi? Et surtout: qui sont les ami·e·x qui restent?
Vingt ans après reGeneration, Photo Elysée revient à la jeune création avec Gen Z. Un nouveau regard, une exposition ambitieuse qui rassemble 66 artistes né·e·x·s entre le milieu des années 1990 et 2010. Ici, pas de portrait figé d’une “jeunesse” abstraite, mais une constellation de récits intimes, politiques et incarnés, traversés par un monde instable, anxiogène, mais aussi profondément inventif.
Tout en travaillant à l’usine, le photographe Karlheinz Weinberger, disparu il y a tout juste vingt ans, a passé sa vie à documenter la jeunesse rebelle de la Suisse des années 60 et 70, avant de donner à son travail un tour plus érotique et personnel.
On les appelle les late bloomers: des personnes queer dont le coming out arrive plus tard que prévu, après des années de silence, de compromis ou de survie. Ruth et Perrine racontent ce moment charnière où tout bascule — entre soulagement, deuil du temps perdu et réapprentissage du désir, de soi et des autres.
Connue aussi sous le nom de Tinkerbelle, Angélique Stehli trace un parcours entre image, corps et nuit. De la photographie à la création d’espaces vivants, elle imagine avec Honeybush des lieux où l’érotisme ne consomme pas, mais soutient. Une vision qu’elle déploiera lors de la soirée du réveillon 2025, pensée comme un manifeste joyeux, exigeant et profondément incarné.
