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Plongée dans les lieuX de l’intime

Plongée dans les lieuX de l’intime
Le performeur Joël Defrance lors du vernissage de LieuX © Université de Genève 2023 - photographe mandaté Ivan P. Matthieu

Pour sa nouvelle exposition, le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités de l’Université de Genève a invité des étudiant·e·x·s à explorer les dimensions géographique du désir. Un «projet laboratoire» à découvrir cet hiver.

Chambre, cuisine, école, discothèque, réseaux sociaux, salle de sport, parc, salle de bains: comment ces lieux sont-ils investis par nos représentations, fantasmes et expériences en matière de sexualités? Dix-huit étudiant·e·x·s du Master en développement territorial (MDT) de l’Université de Genève (UNIGE) et de la HES-SO ont travaillé sur cette question, à partir de la riche collection érotique et pornographique de revues et de livres du Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités de l’Université de Genève (CMCSS). Dans ce corpus, nous trouvons notamment les magazines Playboy et Gai Pied, des numéros du magazine 360° dont l’ensemble des publications fait désormais partie des collections du CMCSS, ou encore des livres d’architecture.
 
Le fruit de ces recherches s’intitule LieuX et se déploie sous la forme d’une exposition déambulatoire. Représentant les différents lieux et espaces traversés au cours d’une journée-type, le dispositif mêle plans, calques, périodiques érotiques et images pornographiques en lien avec les différents espaces choisis. Cette exposition fait suite à un cours-atelier donné durant l’été 2023, durant lequel les étudiant·e·x·s – futur·e·x·s urbanistes issu·e·x·s de la géographie, du paysagisme et de l’architecture – après une analyse des collections et des approches théoriques en lien avec la géographie et les sexualités, ont travaillé à la conception intégrale de l’exposition. Iels ont été amené·e·x·s à penser sa scénographie, son graphisme, la rédaction des textes et le choix des images. Les rayonnages qui contenaient les collections de l’ancien Institut d’architecture de l’Université de Genève sont remontés dans les espaces qu’ils ont jadis occupés, afin d’accueillir cette bibliothèque d’un nouveau type.

Géographie des sexualités
Les étudiant·e·x·s nous guident dans un projet laboratoire où iels parlent au «nous», en nous invitant à prendre part à ce repérage sur carte, en suivant des plans, des calques, des scotchs, des images, ainsi que des livres et des périodiques. Ce sont leurs carnets de terrain» en observation des LieuX qui nous sont dévoilés ici.

© Université de Genève 2023 – photographe mandaté Ivan P. Matthieu

Ce chantier d’une cartographie des LieuX au prisme des questions de sexualités ne s’avère de loin pas anodin. En parcourant l’exposition, on lit anonymement des récits des étudiant·e·x·s du MDT. Extrait: «La question des lieux en lien avec les sexualités m’a fait relativiser mon enthousiasme. Pour moi les enjeux liés aux sexualités font appel à des perceptions et des vécus d’ordres singulier et individuel et j’ai eu de la peine à considérer une exposition entière sur ce sujet, craignant qu’elle ne participe une fois de plus à généraliser certains aspects de ce que vivent et ressentent certaines personnes à l’égard de leur(s) propre(s) sexualité(s).»

Cette exposition du CMCSS – centre interdisciplinaire – se veut une invitation à développer, à l’UNIGE, les études des sexualités en toutes disciplines, telles que l’architecture, la géographie, l’urbanisme, en favorisant l’émergence de domaines de recherches innovants, comme la «géographie des sexualités». Cette dernière fait partie du courant de la géographie culturelle qui analyse les lieux physiques et numériques, non pas comme des contenants statiques, mais en tant que produits sociaux issus des interactions des personnes qui les investissent. Ce courant d’études vise aussi à analyser l’approche conditionnée et/ou stéréotypée que nous pouvons avoir d’un lieu donné.

Quand l’inconscient suggère des représentations
Plus loin dans l’exposition, on lit le récit d’un·e·x autre étudiant·e·x anonyme qui nous partage son vécu quant à la manière dont iel vit un lieu: «N’étant pas consommateur de magazine érotique, je me suis rendu compte en feuilletant ces catalogues que mon imaginaire “sexuel” (érotique) en était tout de même fortement imprégné. Les mises en scène des corps ou des lieux sélectionnés font écho à certains fantasmes ou tabous qui ont déjà investi mon esprit. Je me rends compte donc que mon inconscient me suggère des représentations, des idées qui ont été produites/construites par l’industrie américaine du porno. Moi qui pensais être différent :/»

Cette exposition nous invite à penser autrement les LieuX, à questionner leurs représentations, et à ajouter à ces cartes (sensibles) d’autres LieuX, qui attendent aussi et encore d’être réfléchis, visités, performés, transformés, en y intégrant les questions de genre, de sexualités, ainsi que d’ethnie, de classe sociale, etc. Elle encourage à poursuivre cette exploration, ici comme ailleurs, avec des questions auxquelles réfléchir avant même de venir la visiter: la sexualité devrait-elle être davantage prise en compte dans l’aménagement de l’espace et de quelle manière? quels lieux sont pour vous synonyme de «liberté sexuelle»?

LieuX

Jusqu’au 27 mars 2024 au campus Battelle (Bâtiment A) de l’UNIGE; 7, route de Drize à Carouge (GE). Plus d’informations sur unige.ch/cmcss