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Almodovar sur la Croisette avec un western queer

Almodovar sur la Croisette avec un western queer
Ethan Hawke et Pedro Pascal dans Strange Way of Life

Le toujours bouillant Espagnol figure dans la sélection officielle du Festival de Cannes, qui a peu privilégié les thématiques LGBTIQ+ pour sa 76e édition.

L’an passé, on découvrait pléthore de films LGBTIQ+ sur la Croisette. C’était pareil à la Berlinale en février dernier, qui en plus livrait un palmarès carrément queer, dont notamment l’Ours d’argent à l’Allemand Christian Petzold pour Le ciel rouge, drame qui met en scène quatre amis dont un couple gai. Cette année, en revanche, le Festival de Cannes a peu privilégié ces thématiques. On peut l’imputer en partie, explique-t-on, à la crise post-Covid du cinéma, dont auraient pâti les productions dites fragiles ou minoritaires, côté financement.

Jeanne du Barry de Maïwenn, avec Johnny Depp en tête d’affiche, ouvrira cette 76e édition. Une mise en avant de la star déchue qui a suscité de nombreuses critiques, suite aux accusations de violence conjugale portées par son ex-femme, Amber Heard. Une vingtaine de films s’alignent pour la Palme d’or, dont May December du réalisateur gai Todd Haynes, qui nous avait enchanté avec Carol en 2015, lauréat de la Queer Palm. Il est de retour cette année avec un drame romantique où il suit une actrice (Natalie Portmann) qui se rend dans le Maine pour rechercher la femme réelle (Julianne Moore) qu’elle doit incarner dans un film. 

Autour de Haynes, on trouve de nouveaux venus et des vétérans, comme Nanni Moretti, Ken Loach, Wim Wenders, Hirokazu Kore-Eda, tous palmés d’or, mais surtout six réalisatrices: l’Autrichienne Jessica Hausner, les Françaises Catherine Breillat et Justine Triet, ainsi que l’Italienne Alice Rohrwacher. Ce record réjouit le délégué général. Thierry Frémaux, et la nouvelle présidente du prestigieux rendez-vous cinématographique, Iris Knobloch.  

Une sorte de réponse à Brokeback Mountain
Une quarantaine d’autres œuvres figurent dans les divers volets de la sélection officielle. C’est là que l’on retrouve Pedro Almodovar avec Strange Way Of Life, métrage d’une demi-heure tourné en anglais. Il est porté par Ethan Hawke et Pedro Pascal, l’acteur de la série à succès The Last Of Us, Les deux comédiens incarnent un shérif et un éleveur texans, qui se retrouvent 25 ans après avoir travaillé ensemble comme tueurs à gages.  Un film sur la masculinité, «un western queer dans le sens où deux hommes s’aiment, mais se comportent de deux manières totalement opposées», précise son auteur. Il s’agit d’une sorte de réponse au célèbre Brokeback Mountain, que le cinéaste espagnol avait eu envie de réaliser, mais qui avait alors été confié à Ang Lee.  

Deux événements à la Quinzaine
Petit festival dans le grand, la Quinzaine des réalisateurs, devenue celle des cinéastes pour respecter l’inclusivité, propose deux événements parmi ses 19 opus en compétition. Dans Un prince, l’immense Pierre Creton, pour la première fois à Cannes, raconte l’histoire de Pierre-Joseph, 16 ans, qui intègre un centre de formation pour devenir jardinier et découvre  sa sexualité au cours de son apprentissage. Et puis un jour débarque un certain Kutta, propriétaire d’un étrange château, qui semble chercher autre chose qu’un simple jardinier.

Bertrand Mandico est également très attendu avec Conan, sa relecture queer du fameux Conan le Barbare, symbole du mâle viril.  Le cinéaste a trouvé passionnant de prendre le contrepied total du personnage. Il s’était déjà questionné sur la bascule masculin-féminin avec des protagonistes assez agressifs dans Les garçons sauvages. «Et là, dit-il, j’avais envie de travailler sur cette barbarie et la mettre au féminin, puis amener aussi par contraste, car en soi la barbarie ne m’intéresse pas, un grand souffle de romantisme.»

Autre section parallèle importante du festival, La semaine de la critique, où l’on pourra voir 17 longs métrages. On notera particulièrement Levante, de la réalisatrice brésilienne Lillah Halla. Sa caméra suit Sofia, une jeune joueuse de volleyball prometteuse dont le rêve se transforme en cauchemar lorsqu’elle apprend, à la veille d’un championnat qui peut décider de son avenir, qu’elle est enceinte. Une grossesse non désirée qu’elle ne peut en principe pas interrompre, l’avortement étant interdit au Brésil. Mais Sofia a fait son choix, bien qu’elle soit la cible d’un groupe fondamentaliste décidé à empêcher cette IVG à tout prix. Pour son premier film, l’auteure oppose au conservatisme qui mine  son pays une vision queer et rassembleuse.  

Onze longs métrages et sept courts candidats à la Queer Palm 

Le jury de la Queer Palm, présidé par John Cameron Mitchell aura à juger 11 longs métrages et 7 courts qualifiés pour la Queer Palm, qui sera remise le vendredi 26 mai. Les œuvres proviennent de toutes les sections du festival

Compétition
Anatomie d’une chute de Justine Triet
Le Retour de Catherine Corsini
Hors Compéititon
The Idol de Sam Levinson
 Cannes Première
Le Temps d’aimer de Katell Quillévéré
 Un Certain Regard
How to have sex de Molly Manning
Simple comme Sylvain de Monia Chokri
Rosalie de Stéphanie di Giusto
 Semaine de la critique
Levante de Lillah Halla
 Quinzaine des cinéastes
Conann de Bertrand Mandico
Un Prince de Pierre Creton
Xiao Bai Chuan (A Song Sung Blue) de Zihan Geng

 COURTS METRAGES
Compétition
27 de Flóra Anna Buda
 Hors Compéititon
Strange Way of Life de Pedro Almódovar
La Cinef
Daroone Poust (Inside the skin) de Shafagh Abosaba & Maryam Mahdiye
 Semaine de la critique
Bolero de Nans Laborde-Jourdaa
Stranger de Jehnny Beth & Iris Chassaigne
 Quinzaine des cinéastes
J’ai vu le visage du diable de Julia Kowalski
Mast-Del de Maryam Tafakory