Montreux
#Musique

Raye et Janelle Monáe

jeu 18 juillet, 20:00
Lausanne
#places à gagner

Sleater-Kinney

ven 23 août, 19:30
Lausanne
#places à gagner

Drag Race France Live

sam 2 novembre, 18:30
Lausanne

Festival 30 ans de Lilith

ven 25 octobre - sam 26 octobre

La sélection livres queer de mars

La sélection livres queer de mars

Chaque mois, Payot Libraire nous propose une sélection littéraire queer. Au programme, pour ce numéro, deux ouvrages à découvrir sans plus attendre.

Georges & Tchang, Laurent Colonnier, Glénat
BD – À l’occasion du 40e anniversaire de la mort d’Hergé, Glénat propose une édition enrichie de la BD que Laurent Colonnier a consacré, en 2012, à un épisode énigmatique de la vie du Maître. En 1934, le jeune Hergé entame un diptyque, Le Lotus bleu et Tintin au Tibet, dont Tchang sera l’inoubliable petit héros. Or Tchang a existé, il était cet étudiant des beaux-arts qui a «appris» la Chine au dessinateur, participant par ses idéogrammes à la magie des albums. Et qui, pense Colonnier, a embelli la vie d’Hergé d’une amitié amoureuse et artistique fusionnelle qui a survécu aux aléas de l’Histoire… Notes, indices et images à l’appui, il bâtit une intrigue si fluide que son intuition, assumée, mériterait d’être juste. Loin de la révélation scandaleuse, c’est une ode aux sentiments qui traverse ces épisodes mi-documentés, mi-imaginés, avec une crédibilité qui doit beaucoup au naturel de leur juxtaposition. Entre Hergé le génie et M. Remy le réac, il glisse le sensible Georges. À ses côtés la silhouette de Tchong-Jen, son ami venu de Shanghaï, lui révèle une part de lui-même. Étonnant, indéfinissable, mais prenant. La ligne floue, c’est bien aussi.
 
La cabane aux confins du monde, Paul Tremblay, Gallmeister
Roman – Pour les personnes qui préfèrent découvrir les histoires en format livre avant leur adaptation cinématographique (Knock At The Cabin, de M. Night Shyamalan), voici l’histoire de Benjamin et Eric. Ils n’avaient pas anticipé que leur fille adoptive ramènerait un jour des copains bizarres à la maison. Mais elle n’a que 7 ans, et les copains se sont invités tout seuls… Quatre «cavaliers de l’Apocalypse» version thriller gore, obsédés à mort par un dilemme de sacrifice impossible sur fond de fin du monde. Sous les apparences du scénario d’horreur bien ficelé, Tremblay pose des questions complexes (quelle conscience a-t-on d’appartenir à l’humanité, jusqu’où est-on prêt à aller pour préserver le monde?), mais installe également comme une évidence le couple des pères, qui fonctionne avec naturel et cohérence en dépit de la situation. Et si l’écroulement du monde venait justement d’eux, en rupture avec la tradition conservatrice? L’écrivain américain affirme très clairement le contraire – un «effet Streisand» qui instille donc le doute dans l’esprit du lecteur, convié ipso facto à faire l’examen de sa largeur de vues… Machiavélique!