Culture Genève

Everybody’s Perfect, des films et bien plus encore

6 oct. 2020

Articulé autour des grands thèmes LGBTIQ, l’incontournable festival genevois revient avec une 7e édition prometteuse, riche en débats, performances et festivités.

Rendez-vous incontournable dans le paysage social et culturel genevois, Everybody’s Perfect, créé en 2010, revient dès le 9 octobre et pour dix jours avec une septième édition prometteuse, articulée autour des grands thèmes LGBTIQ. Et toujours son point fort: les soirées «Un film – Un débat», en présence d’expert·e·s.

Sous la direction de Sylvie Cachin, le festival propose 24 longs métrages (81% de premières) en provenance de quatre continents, où se partagent à égalité fictions et documentaires. Également venus de partout, onze courts montrés en deux séances complètent la sélection. Petit choix, symbolique de cette volonté de participer à l’expression, la défense et l’exploration des droits humains.

«Welcome To Chechnya»

Dans son documentaire coup de poing, saisissant, sombre et émotionnellement choquant, David France suit un groupe de militants infiltrés en Tchétchénie. Ils risquent leur vie pour secourir des membres de la communauté LGBTQ, torturés, maltraités, opprimés, emprisonnés, et leur fournir des refuges sûrs et une assistance en matière de visas pour leur permettre d’échapper aux persécutions d’un système oppressif. Au-delà des horreurs, le réalisateur montre que fort peu de pression s’exerce sur la Russie pour y mettre fin.

«Metamorphosis»

Pour ce premier film philippin sur l’intersexuation, Jose Enrique Tiglao raconte l’histoire d’Adam, 14 ans, fils de pasteur. Né avec des organes génitaux masculins et féminins, il est élevé comme un garçon dans sa famille conservatrice. Son quotidien est bouleversé lorsqu’il a ses premières règles. Commence alors un difficile voyage où il teste les limites spirituelles et physiques de l’identité sexuelle, ainsi que l’ambiguïté du désir. Un sujet bien traité par l’auteur qui, empathique envers tous ses personnages luttant contre leurs préjugés, fait ressortir leur humanité.

«Barn (Beware Of Children)»

Qualifié de chef d’œuvre, le deuxième long-métrage du Norvégien Dag Johan Haugerud, réalisateur, documentariste, scénariste et romancier est une chronique de 2h37 développant une série de personnages impliqués autour de la mort d’un collégien. Révélant les conséquences de chaque acte, ce drame captivant au scénario brillant pose, dans le portrait psychologique d’un groupe, des questions touchant à l’éducation, la parentalité, ou la légitimité des homosexuels à adopter. Le tout sur fond d’une vérité difficile à établir.

«Toutes les vies de Kojin»

Dans un documentaire à la première personne, Diako Yazdani, réfugié politique en France, retourne voir sa famille au Kurdistan irakien et leur présente Kojin, jeune homosexuel de 23 ans qui a du mal à trouver sa place au sein de la société. Mais il affronte toutes les questions et va se libérer sous l’œil de la caméra. Le réalisateur livre ainsi un portrait touchant et poétique, invitant à une réflexion universelle sur la différence.

On signalera aussi des films de genre, dont «Spiral», thriller fantastique de Kurtis David Harper où Malik et son compagnon Aaron émigrent, en 1995, dans une petite ville de banlieue avec la fille d’Aaron. Il sont plutôt bien accueillis, mais Malik, seul homme noir et queer, se rend vite compte que quelque chose se prépare… Inédits et nouveaux lieux À noter en outre deux documentaires qui interrogent l’évolution de nos identités: «The Archivettes», sur la gestion d’archives lesbiennes, et «Ahead Of The Curve», consacré au magazine lesbien le plus diffusé dans le monde. Parmi les inédits de la programmation, un entretien avec Iris Brey, auteure de l’essai «Le regard féminin-Une révolution à l’écran» et une discussion collective intitulée «Amours imaginaires»).

Le festival, alternant performances, expositions, ateliers et festivités, investit par ailleurs de nouveaux lieux. On se retrouvera ainsi au Grand Théâtre pour un apéropéra avec un montage original de films par le réalisateur suisse et égyptien Youssef Youssef; aux Salons pour le concert, en ouverture du festival, d’Ivo Dimchev, chanteur, comédien et performeur bulgare; au Musée d’art et d’histoire pour une visite guidée queer, et bien entendu au Phare, lieu dédié depuis trois ans, pour l’exposition de l’artiste et styliste sudafricaine Thozama Dyantyi.

Everybody’s Perfect, du 9 au 18 octobre. Plus d’infos sur everybodysperfect.ch

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