Chéri, j’ai (encore) pris un centimètre!

Trop de régime tue le régime. En cette période de fin d’année, on vous parie que certains aimeraient laisser leurs complexes au vestiaire, et gagner une taille, ou deux… Tour d’horizon des techniques de chirurgie intime au masculin.

A écouter certains de nos interlocuteurs décrire leur pratique chirurgicale et les autres leur intimité augmentée, on serait tenté de croire qu’un centimètre pour l’homme équivaut à un grand pas pour l’humanité. Si les modifications péniennes ne datent pas d’aujourd’hui (implants, piercings génitaux et autres pratiques sont décrites dans l’ouvrage de référence signé Marc Bonnard et Michel Schoumann, «Histoires du pénis»; Editions du Rocher, 2000), depuis une vingtaine d’année la chirurgie esthétique a gagné sur le territoire de l’intime pour permettre la customisation du membre érectile d’une manière toujours plus sophistiquée.

Désormais, le dieu Priape s’expose aux lumières savantes et cossues des Scialytiques. Ainsi de l’allongement à l’épaississement de la verge, en passant par le Scrotox (injections de Botox pour lisser le scrotum) ou, plus définitif encore, le lifting des testicules, tous les moyens sont bons pour bichonner, rajeunir, embellir, et bien sûr faire saillir le vénérable lingam.

Compter tout de même aux environs de 6000 à 7000 francs pour une pénoplastie complète (allongement combiné à un épaississement). Des techniques de pointe… Bien que la chirurgie intime de l’homme ne soit pas son activité principale, le docteur Pinatel qui exerce à la Clinique d’Argonay près d’Annecy a fait ses premières armes au service de chirurgie des personnes transgenres du Centre Hospitalier Lyon-Sud. Selon lui, il existe une demi-douzaine d’interventions, toutes combinables à l’envi, qui permettent «de donner l’impression d’une verge plus grande. «Les plus demandées sont évidemment l’épaississement par lipofilling – réinjection de graisse – ou parfois par injection d’acide hyaluronique, ainsi que l’allongement par section partielle du ligament suspenseur.

Tout un arsenal d’interventions
A ces techniques s’ajoutent des gestes qui consistent essentiellement à réduire le volume du pubis ou encore celui du scrotum, afin de «désenfouir» le pénis. Le docteur Boucq, chirurgien à la Clinique Mozart de Nice confirme: «En ce qui concerne l’épaississement, et lorsque c’est possible, je prélève la graisse au niveau du pubis afin d’en diminuer le volume, ce qui offre aussi un effet d’allongement de la verge.» Il existe ensuite tout un arsenal de petits gestes associés, comme la libération du frein, la circoncision, ou encore la résection partielle du prépuce. On pratique aussi des injections d’acide hyaluronique pour augmenter le volume du gland, un acte parfois proposé dans un but thérapeutique, en cas d’éjaculation précoce, puisque cela a pour effet notamment d’atténuer les sensations.

En ce qui concerne l’allongement, à Nice, le docteur Boucq a développé sa propre technique qui consiste à sectionner minutieusement l’intégralité du ligament entre la base du pubis et le dos des corps caverneux. Il interpose ensuite une fine lamelle de silicone en lieu et place, «ce qui permet non seulement d’éviter la pseudoreformation d’un ligament, mais surtout d’obtenir un gain réel de 4cm. Néanmoins, précise-t-il, cet allongement ne se manifeste qu’au repos.»

Pour le docteur Abécassis qui exerce à la Gentlemen’s Clinic de Genève, ainsi qu’à la clinique du Mont Louis à Paris, «l’allongement consiste plutôt à sectionner partiellement le ligament suspenseur. Il se produit alors une désinsertion du pénis qui permet de gagner, selon ce dernier, deux à trois centimètres au repos, mais effectivement pas en érection. «En revanche, dit-il, avec le gain en épaississement qui est d’environ 1,5 cm de circonférence dans la majorité des cas, le poids de la graisse crée un étirement qui joue tout de même en faveur de l’allongement. Par conséquent, mieux vaut un épaississement seul, ou alors un épaississement combiné à un allongement.»

«Vraiment ça change la vie»
Aucun regret pour Sébastien*, 34 ans, qui a sauté le pas il y a plusieurs mois: «Je ne savais même pas que ça existait sinon je l’aurais fait beaucoup plus tôt. C’est un copain qui m’en a parlé. Lui, il a fait des injections d’acide hyaluronique en Tunisie, et là-bas c’est un peu barbare dans le sens où c’est plutôt démesuré au niveau des proportions. Mais enfin, c’est par lui que j’en ai entendu parler. Le docteur Abécassis n’a pas voulu me faire l’allongement parce que pour lui ce n’était pas nécessaire. Il avait beau me dire que j’étais dans la norme supérieure, à la base elle était à 10 cm de circonférence… Après, je l’ai fait deux fois, parce que la première fois il y avait une petite asymétrie. Et à la suite de cette deuxième intervention je suis à 13 cm de circonférence, et vraiment ça change la vie. On se sent plus sexy, plus viril, plus à l’aise, on gagne de l’assurance.»

Nouveaux implants Pionnier de la lipopénosculpture, le Dr. Abécassis introduit la méthode en Europe en même temps qu’elle se développe aux Etats-Unis, au début des années 1990. Tout comme en 2019, il compte développer de nouveaux implants testiculaires à visée esthétique. «Il existe déjà des implants qui sont posés par les urologues suite à des traumatismes, ou à des cancers du testicule, mais ce sont des implants de substitution. Ce que je suis en train de mettre en place, ce sont des implants qui visent à grossir la bourse du scrotum et qui vont conserver le testicule afin de lui donner plus de volume. Ces implants en silicone seront posés à l’intérieur des membranes du scrotum, de manière à entourer le testicule existant.»

Un espoir pour Stéphane*, quadragénaire, qui attend avec impatience de pouvoir bénéficier de ce procédé. «J’ai un testicule atrophié, à la suite d’un coup-de-pied reçu avant la puberté. C’est un complexe qui me poursuit depuis l’enfance et qui me gêne dans mes relations parce que j’ai toujours un mouvement de recul au moment d’être touché à cet endroit-là. Donc j’espère que cette intervention me permettra de me sentir plus à l’aise.» Quelles motivations? «Aujourd’hui avec les médias, internet, les réseaux sociaux, les films, etc., les hommes sont de plus en plus exhibés, explique le Dr. Abécassis. «Mais de fait, ils sont aussi davantage complexés.»

«Les représentations de la sexualité dans le porno et en général y sont pour beaucoup»

Même constat de la part du Dr. Pinatel: «Les représentations de la sexualité dans le porno et en général y sont pour beaucoup», dit-il. «Les standards de la virilité ont changé. Il n’y a qu’à voir les statues antiques, elles sont très rarement pourvues de sexes surdimensionnés… D’ailleurs, poursuit-il, la grande majorité des hommes qui consulte en chirurgie intime est déjà dans la moyenne». A savoir que, selon une récente étude du «Medical News Today», la longueur moyenne d’un phallus en érection serait de 12 à 16 cm tandis que sa circonférence moyenne serait de 12 cm. Quant à la taille moyenne du sexe masculin au repos: sa longueur irait de 7 à 10 cm et sa circonférence de 9 à 10 cm. «Souvent les plus complexés, conclut le Dr. Pinatel, ce sont les hommes qui se situent dans la moyenne basse, à 10 ou 12 cm. Et quand ils consultent, je peux vous dire qu’ils sont hyper-motivés.»

*Prénoms fictifs

À lire également