Un piercing au fond du string

Il n’y a pas que le bistouri qui embellit les recoins de l’anatomie. Pour orner ce qu’ils ont dans le string ou le pantalon, certain(e)s recourent à l’aiguille du perceur. Ames douillettes s’abstenir.

Le prince Albert d’Angleterre était un homme délicat, qui gérait soigneusement son patrimoine. Celui qui reposait dans son pantalon lui tenait à cœur, et il craignait de l’abîmer lorsqu’il montait à cheval. C’est ainsi qu’il se fit insérer un anneau au dessous du gland, pour relever sa quéquette reliée à un fil et ainsi, pouvoir galoper en toute tranquillité. Cette histoire, Séb’ la raconte volontiers. Avec Hervé, la trentaine, il est perceur pour le salon Ethno Tattoo à Lausanne. Et des piercings, les deux comparses en font partout: dans le nez, dans le nombril, dans les sourcils… et dans les lèvres intimes, parce que les femmes trouvent ça joli, et parce que ça aiderait à atteindre le septième ciel. Au programme: piercing horizontal des lèvres, ou piercing capuchon-clitoris vertical. «Pour les femmes, le vertical, c’est plus intéressant. Paraît que ça procure plus de plaisir», lâche Hervé, qui dit opérer en dix minutes chrono, «et c’est réversible: si on enlève le bijou, le trou se referme».

Minettes et ménagères
En trois ans de pratique, il en a vu des vertes et des pas mûres. Entre autres, des mineures venir se faire percer le clitoris, munis d’une autorisation parentale. «Feu vert des parents ou pas, c’est un non catégorique. Il ne faut quand même pas exagérer», s’exclame Hervé, qui raconte refuser des femmes qui se présentent pour se faire percer alors qu’elles ont leurs menstruations. «Elles s’en fichent. Nous pas», lâche-t-il.

Sa clientèle? «Des ménagères autant que des minettes», explique Hervé qui a le sens de la formule. Il ne reçoit que deux à trois demandes par mois pour cette zone du corps, contre une par jour pour le nombril. «Oui, se faire percer les parties intime, c’est marginal, mais ce n’est pas demandé par des marginaux», selon le perceur qui dit avoir accueilli «des femmes qui allaient sur leur cinquantaine». Outre les mineures, Hervé refuse deux choses: de percer le clitoris – «trop de risques de perte de sensibilité» – et les clientes «instables». Entendez par là: qui ne savent visiblement pas ce qu’elles se veulent ou qui ont des demandes totalement extravagantes – même pour Hervé.

Piercing quatre saisons
Depuis quelque temps, son salon ne fait plus de piercings dans les parties intimes des hommes. «Le perceur qui était un spécialiste ne travaille plus ici. Et pour ça, il faut des gens qui s’y connaissent. On ne peut pas se permettre de jouer avec les parties intimes de nos clients.» Surtout quand il s’agit de pratiquer par exemple l’Ampallang, soit l’insertion d’un piercing dans le sexe, juste en dessous du gland. Ouille… Nous sommes (théoriquement) en été. Tout le monde se dénude, se mate à la plage, soigne son corps… la saison serait-elle davantage propice aux joies de l’aiguille dans les parties intimes? «Pas plus qu’en hiver. Ce piercing, il n’a pas de saison», conclut joliment Hervé.

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