Lausanne

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sam 6 juillet, 23:00
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sam 22 juin, 22:00

La black panthère du PS

Présentée comme le «maillon faible» du gouvernement Hollande, Christiane Taubira a pris sa revanche en défendant la loi sur le mariage pour tous à Assemblée, et maintenant au Sénat.

On marche sur la tête. La femme politique accusée d’avoir fait perdre les socialistes en 2002 est aujourd’hui couverte de roses. En quinze jours et 110 heures de séance, la Garde des Sceaux a démontré un talent oratoire hors du commun qui a pris l’allure d’une rédemption. Car sa prestation lors des débats sur le mariage pour tous l’a propulsée au rang de poids lourd du gouvernement Ayrault. On la compare même à Simone Veil pour l’avortement et à Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort. A 61 ans, du haut de son mètre soixante, elle a su éviter les petites phrases creuses pour élever le niveau et combattu avec brio les 3000 amendements de la droite. Elle qui dévore cinq livres par semaine n’hésite pas à citer René Char, Emmanuel Levinas et le poète de la négritude Léon-Gontran Damas ou à raviver l’esprit des Lumières avec Montesquieu, Rousseau et Voltaire: Les progrès de la raison sont lents et les racines des préjugés profonds.»

Au final, elle force le respect dans son camp comme dans l’opposition qui reconnait la femme de valeurs et convictions. En plus et ce n’est vraiment pas le cas de la plupart de ses collègues, elle parle souvent de mémoire, avec malice, sans note et sans filet: «Les textes ne supprimeront pas les jeux amoureux ni chez les homosexuels, ni chez les hétérosexuels. » Et lorsque ses détracteurs dépassent les bornes, il lui arrive d’éclater de rire.

Elevée à la dure
Née à Cayenne en 1952, Christiane a vécu ses premières années dans une modeste maison de bois. Elle ne dit mot sur son père, un «scélérat » dont elle porte le nom, c’est tout. Sa mère adorée élève seule ses six enfants. Elle meurt quand Christiane Taubira a 16 ans. Ce qui ne l’empêche pas de rafler plusieurs diplômes universitaires en économie. Les conditions de vie difficiles de sa jeunesse la conduisent à s’engager tôt en politique. Tout d’abord du côté des indépendantistes, puis en choisissant la voie parlementaire qui la rapproche des radicaux de gauche. En 2002, elle participe à l’élection présidentielle. Ses quelque 2 % auraient empêché Jospin de figurer au second tour, selon les éléphants du parti. De l’eau va couler sous les ponts puisqu’elle se retrouve ministre de la justice sous Hollande, après avoir soutenu Montebourg lors de la primaire socialiste. Le bouc-émissaire de l’époque a donc pris pas mal de coups, mais elle sait les rendre toutes griffes dehors.