De sang et d’encre

Retrouvez chaque mois, des nouvelles du monde s’articulant autour d’un thème. Dans ce numéro: le sang

Don du sang
En août dernier, Paolo Pedote, écrivain italien, s’est rendu à la polyclinique de Milan pour donner son sang. Mais au centre de transfusion, l’homme âgé de 39 ans, a été écarté de la liste des donneurs potentiels parce qu’il a spontanément fait état de son homosexualité. Depuis la polémique enfle au sud des Alpes et relance le débat sur la discrimination des homosexuels. Ponte de l’hématologie italienne et responsable du centre de transfuson, le Pr. Rubella affirme que les médecins ont choisi «sur la base d’études (…) de ne pas accepter le don de toute personne déclarant avoir eu des rapports homosexuels en âge adulte.» Le refus essuyé par Paolo Pedote est toutefois illégal car il contrevient à la loi interdisant toute discrimination contre les homos. De plus, un décret ministériel plaçant les gays dans la catégorie des donneurs «à risque» a été abrogé en 2000. «Une décison qui n’a pas empêché plusieurs centres de transfusion du pays (…) de refuser le sang des homosexuels.», pouvait-on lire dans une récente édition du quotidien Libération. Du côté des médecins, on estime qu’il n’y a aucune volonté discriminatoire, arguant que le sang d’un hétéro ayant eu plus de trois partenaires au cours de l’année serait aussi refusé. Peu soupçonnable d’être pro-gay, le gouvernement Berluconi, par la voix du ministre de la santé, F. Storace, (membre du parti post-fasciste Alliance Nationale) s’est indigné de la décision des médecins, a ordonné une enquête et menacé de prendre des sanctions.

Crime de sang
Octavio Acuña, Mexicain, professionnel de la santé, a mené diverses actions dans le domaine des droits humains et travaillait pour l’Association pour l’éducation sexuelle dans l’État de Querétaro. Il a été retrouvé dans son magasin blessé de multiples coups de couteaux et perdant tout son sang. Outre un point de vente de préservatifs, son commerce constituait un centre d’informations destiné aux jeunes désirant se renseigner sur leurs droits sexuels et sur le VIH/sida. Selon les informations recueillies, rien n’a été volé, ce qui tend à exclure le cambriolage en tant que mobile. Dans le courant de l’année, la vitrine du magasin aurait été couverte de graffitis et son enseigne lumineuse brisée. En 2004, Ocatvio Acuña avait déjà porté plainte pour discrimination sans que les autorités entrent en matière. Le week-end suivant ce meurtre, un autre militant en faveur des droits des homosexuels a été victime d’une agression: il aurait été drogué et battu. Par le passé, les autorités ont apparemment traité les violences contre les homosexuels comme des «crimes passionnels». Elles se sont efforcées d’imputer la responsabilité de tels agissements aux partenaires intimes des victimes sans mener d’investigations sérieuses.
www.ilga.org

Bon sang ne saurait…
Les vampires et l’homosexualité, deux thèmes qui n’en finissent pas de se croiser. Quatre illustrations dans un mini-rétrospective lors du Festival de films gays et lesbiens de Paris. D’abord, un porno assez nul «The vampire of Budapest », puis un petit film d’horreur profondément homo-érotique «The brotherhood », du réalisateur de seconde zone David DeCoteau et deux curiosités issues des années 70: «Vampyros Lesbos» de Jess Franco, érotique kitsch où une jeune femme tombe sous la domination d’une vampiresse; et surtout «Les lèvres rouges», merveille de Harry Kumel sur laquelle Delphine Seyrig règne sans partage. Dans son personnage de comtesse sanglante traversant les âges, elle est éblouissante, donnant corps et âme à ce film sec, pur et pervers.
Festival de films gays et lesbien de Paris, du 14 au 23 octobre
Tél. 003 3(0) 1 44 76 62 00 ou www.ffglp.net

Se faire du mauvais sang
Une étude réalisée par le Département des maladies infectieuses et de l’hygiène hospitalière de l’Hôpital universitaire de Zurich et publiée tout récemment dans la revue médicale «Schweizerische Rundschau Medizin» vient à la conclusion que dans 3 cas sur 4, une infection aiguë au VIH n’est pas décelée lors du premier examen. Ces données sont inquiétantes pour l’Aide Suisse contre le Sida. Elles montrent que, lorsqu’un patient s’adresse au médecin, celui-ci pense trop peu au VIH au moment d’établir un diagnostic. Cela peut conduire à une plus grande propagation du VIH, car le risque de contamination s’accroît de manière drastique dans le cas d’une infection aiguë au VIH. Pour pouvoir prendre rapidement les mesures préventives
qui s’imposent, il est capital d’établir un diagnostic le plus tôt possible.

À lire également