Tendances

Laboratoires urbains

Au détour d’un quartier bobo de Paris et d’un terrain vague à Berlin, l’artisanat n’a jamais été autant porteur d’espoir.

Bon, ça va bientôt faire 12 ans qu’on a passé le cap des années 2000. Presque autant de catastrophes naturelles, de crises économiques et financières, d’attaques terroristes, de taux de chômage à la hausse, d’appauvrissement de la population. Ça va? On garde le moral? La réponse est oui, ça va.

Dans l’hystérie et l’immédiateté des infos qui fusent de toutes parts pour nous donner les sombres news de ce monde chaotique, on devient accro à l’actu, au même titre que l’on peut l’être aux jeux et à l’alcool. Pourtant, parfois, on a envie de crier «stop!». Une pause, please. Pendant que les économistes tentent de nous endormir en nous sevrant de valeurs refuges, on nous la fait plus. Les vraies valeurs sont ailleurs, on veut y croire. Pas dans la nostalgie, mais dans le savoir-faire. Dans l’artisanat et toute la splendeur de sa noblesse. Précieuse intelligence collective. Ah, ça va déjà mieux là, non? Ainsi, nous avons envie de partager avec vous ici nos derniers coups de cœur, tout deux datant de 2011.

De fil en aiguille
On commence par le Sweat Shop, au détour de la rue Lucien Sampaix dans le quartier du canal Saint-Martin à Paris. Imaginé par la Suissesse Martena Duss et l’Autrichienne Sissi Holleis, le café couture consiste en 10 postes de travail comprenant des machines à coudre disposées autour d’un plan de travail commun. Pour 6 euros à l’heure, on a une machine, des patrons de vêtements et des conseillers à disposition. On peut y customiser ce que l’on veut, y apprendre les techniques de la couture et du crochet, tout en dégustant de bonnes choses à manger et à boire dans une ambiance propice à la créativité. Loin, très loin du snobisme parisien, le Sweat Shop séduit tout le monde sur son passage, des créateurs aux simples passants.

Dans le potager des princesses
Puis nous nous sommes rendus au Prinzessinnengarten à Berlin. Situé au beau milieu de la ville, le jardin investit un terrain vague, comme il en existe encore beaucoup dans la capitale allemande. Fleurs, plantes, légumes, herbes aromatiques… La nature s’harmonise parfaitement au milieu de cet environnement urbain. On peut même y acheter du miel fait sur place et manger le menu du jour servi dans des containers et préparé avec des ingrédients du jardin. Quant à ceux qui se découvrent la main verte, ils peuvent s’inscrire à des workshops pour apprendre les secrets du jardinage. Des endroits innovants, où le fait main est mis à l’honneur plutôt que des rêves capitalistes. Et si c’était ça, le bonheur?

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20 oct. 2011   Thèmes: Étiquettes : ,

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