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Poupées de cire, poupées de son

Le naufrage de Loana, réduite à des tentatives de suicides ratées pour s’assurer une couverture médiatique, témoigne de la cruauté de la célébrité qui s’en va. Certaines stars n’hésitent pas à s’inventer un avatar public pour rester à flot. Encore un peu.

Arielle Dombasle jouant les ingénues au corps de sylphide sur les plateaux de télévision. Karl Lagefeld, délesté de 42 kilos, troquant son éventail et ses vêtements amples de créateurs japonais contre la ligne radicalement près du corps de Hedi Slimane pour Dior Homme au début des années 2000. Amanda Lear n’hésitant pas à donner de sa personne, au risque de passer pour un clown triste, pour assurer la bonne ambiance et quelques fous rires dans l’audience des émissions auxquelles elle participe. Il y a quelque chose de fascinant à observer les people s’autoparodier jusqu’à en devenir leur propre caricature en public.

Forever young
Une curiosité morbide à se demander à quoi ils peuvent bien penser le matin, à poil et sans fard, seuls devant leur glace. Ont-ils un sentiment autiste ou schizophrène à quitter leur costume de scène pour se sentir glisser irrémédiablement dans la peau de leur propre Gepetto? Ou une simple exaltation à se distancer du cirque médiatique? Là où Greta Garbo préféra se retirer des feux de la rampe à 36 ans, restant ainsi à jamais «La Divine», farouchement inaccessible aux médias, d’autres ne se passent pas du frisson de la célébrité.

Mais au fil des ans, être un personnage public se cantonne-t-il à gazouiller à la télé tel un Titi enfermé dans une cage dorée, à l’instar de Vanessa Paradis immortalisée en oiseau glamour par Jean-Paul Goude dans la célèbre pub du parfum «Coco» de Chanel en 1991? Jamais sans mon coiffeur Nicola Sirkis, le chanteur d’Indochine, dit avoir énormément souffert des parodies – pourtant hilarantes et c’est peut-être pour ça – des Inconnus. Ce qui ne l’empêche pas, à plus de 50 ans, de se déplacer en permanence avec coiffeuse et maquilleur, teint blafard et mèche corbeau oblige. «Comme le dit mon ami Karl Lagerfeld, on lance la marionnette. Tant que cela m’amuse, je continue», me répondait Arielle Dombasle en grignotant des peanuts au wasabi tout en s’étouffant dans un éclat de rire lors d’une interview il y a deux ans. Elle n’en dira pas plus mais son explication en dit long sur le détachement de soi.

«Je préfère être digne»
Autre son de cloche, celui de Brigitte Fontaine, qui refuse désormais de jouer les clowns à la télévision: «Ils m’invitaient pour que je fasse la folle, je trouvais ça drôle et je m’amusais beaucoup! Jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’ils en profitaient pour me faire passer pour une dingue. Je préfère être digne. Alors je n’y vais plus.» Ainsi font les marionnettes… Trois petits tours et puis s’en vont.

(Article paru dans le 360° de juillet-août 2011)

One thought on “Poupées de cire, poupées de son

  1. Bonjour,

    Très dur cet article….
    Si j’ai bien compris, passé 36 ans (comme Greta Garbo), on doit entrer à l’hospice ? Moi je vais avoir 63, et je continue…

    Et l’auteur de cet article, quel âge a-t-il ? Que voit-il quand il se regarde nu devant sa glace ? Rase-t-il les murs pour que personne ne le regarde ? Il doit être bien mal dans sa peau pour être aussi incisif…

    Par contre j’aime bien votre sélection d’articles « 360 »

    Bizs de Nice
    Marie Cécile – http://www.facebook.com/mpoivre

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