Suisse

Genève va s’attaquer aux «thérapies de conversion»

Thérapies de conversion gay Suisse Genève
Photo: Pixabay/CC0

Lavage de cerveau religieux et manipulation psy prétendant «guérir» les personnes homosexuelles et trans* pourraient être interdites au niveau cantonal. Le Grand Conseil doit se prononcer prochainement.

Faute d’action au niveau fédéral, c’est à l’échelon cantonal que le dossier des «thérapies de conversion» pourrait bientôt rebondir en Suisse. Le Grand Conseil genevois devrait ainsi se prononcer le 5 mars prochain sur une motion visant à «interdire toutes les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre». Signé par 36 député·e·s, principalement de gauche et du centre, ce texte du député Yves de Matteis (Les Verts) invite le Conseil d’État à mettre en place un groupe de travail pluridisciplinaire en vue d’une future loi, ainsi qu’à «s’assurer de l’existence d’espaces de reconstruction» pour les victimes.

La motion a été adoptée à l’unanimité (moins une abstention) au terme de débats entamés en novembre par la Commission des droits de l’homme du Législatif genevois. Ses membres ont notamment auditionné une personne ayant subi ce type de traitement dans un cadre religieux.

Protéger aussi les adultes

Les député·e·s ont insisté pour ne pas faire de distinction entre les pratiques de «conversion» visant des personnes mineures et celles impliquant des majeurs. «Les adultes susceptibles de se voir proposer une «thérapie de conversion» ont été depuis longtemps déjà dépossédés de leur capacité de penser par eux-mêmes et de faire des choix personnels, par le milieu qui veut les faire changer», a rappelé la Dre Franceline James, médecin référent de l’Association genevoise pour l’ethnopsychiatrie, entendue par la commission.

Si la motion est votée le 5 mars, il reviendra au Conseil d’État de l’appliquer. Le canton serait alors le premier en Suisse à faire le pas, même si Bâle-Ville et Zurich ont récemment pris position contre les thérapies de conversion. Genève aurait également pour mission de promouvoir cette interdiction au niveau national.

Conseil fédéral réticent

Rappelons que le Conseil fédéral a par deux fois écarté cette possibilité, estimant le cadre juridique suffisant pour bannir cette pratique, «à rejeter d’un point de vue humain, scientifique et juridique». Plusieurs cas ont pourtant défrayé la chronique dans la période récente, comme celle d’un médecin homéopathe exerçant à Lausanne et Genève en 2018, et celle, l’année suivante, d’un psychiatre schwytzois proposant à ses patients de guérir de l’homosexualité en deux ans, une cure remboursée par la LAMal.

À lire également