Partenariat: un bon calendrier?

C’est enfin decidé, le peuple suisse se prononcera donc le 5 juin sur le partenariat. Christian Verdon, du comité «Oui au partenariat», livre son bulletin météo.

Christian Verdon, les Suisses voteront sur le partenariat en même temps que les accords de Schengen… A votre avis, cet agenda est-il favorable ou défavorable? Schengen est un enjeu très important pour tous les partis. Cela va signifier de leur part un engagement maximum sur cet objet, ce qui va probablement rendre la campagne sur le partenariat moins visible. Cet accès réduit aux médias nous pénalisera car nous avons besoin d’expliquer au peuple ce qu’est cette loi et ce qu’elle n’est pas, ce qu’elle apporte et aussi qu’elle ne met en danger ni le mariage ni la société contrairement à ce que prétende ses adversaires. Les gens non directement concernés ne savent souvent pas de quoi il retourne et ce manque d’information constitue un terreau fertile pour les fantasmes qu’essaie d’instiller l’UDF. C’est d’ailleurs leur seule stratégie, leurs arguments étant assez faibles. D’un autre côté, ce scrutin sera très certainement marqué une forte participation tant à droite qu’à gauche. Je vois plutôt cela comme un avantage car notre problème est justement d’aller faire voter des gens qui ne sont pas directement concernés par la LPart. Nous sommes par ailleurs très satisfait que cette votation soit fixée au 5 juin. La proximité de la date permet d’obtenir une mobilisation interne qui aurait certainement été beaucoup plus difficile pendant la période estivale si la votation avait été fixée en septembre. Et la conjonction aurait alors été l’extension de la libre circulation des personnes, un thème encore plus mobilisateur pour les nein-sager. On sait que certains UDC soutiennent publiquement le non. Quel jeu va jouer Christoph Blocher à votre avis? Le chef du DFJP est censé soutenir la loi, mais vous méfiez-vous d’un sale tour, comme il l’a fait lors de la votation sur les naturalisations facilitées ? La question du partenariat divise l’UDC, c’est vrai. Mais nous avons ici à faire à une loi qui touche une minorité – les homosexuel-le-s sont des citoyens à part entière – et qui va décharger l’Etat, ce n’est donc pas forcément un sujet porteur pour l ‘UDC. Nous nous attendons à une consigne de liberté de vote au plan national avec probablement quelques sections cantonales qui vont de prononcer pour le NON. Quant à Blocher je pense qu’il ne va pas s’engager plus que son mandat ne l’exige, pour ménager les différentes sensibilités existantes au sein de son parti. Le Conseil Fédéral sera peut-être content de pouvoir apparaître uni sur ce sujet alors qu’il vont dans le même temps s’entredéchirer sur Schengen. Qu’en est-il des moyens financiers? Le comité «Oui au partenariat» bénéficiera-t-il de suffisamment de ressources pour mener une campagne efficace face aux conservateurs? Le budget de la campagne est d’environ 1 million de francs, ce qui correspond à une campagne de moyenne importance pour la Suisse. Nous nous efforçons actuellement de rassembler cette somme qui vient pratiquement exclusivement de dons privés. Sur le plan politique, nous bénéficions d’une plateforme commune avec les radicaux, les socialistes, les verts et les libéraux avec la mise à disposition d’un secrétariat et de leurs réseaux de partis. L’engagement du PDC n’est pas encore acquis et viendra le cas échéant relativement tard, leur assemblée générale n’ayant lieu qu’à la fin avril.