Impossible retour vers l’Iran

Un député au Grand Conseil bernois prend fait et cause pour un Iranien, demandeur d’asile débouté, qui se dit en danger dans son pays en raison de son homosexualité.

Ueli Stähli est convaincu que Reza Bezham, 28 ans, est victime d’une terrible injustice. Le paysan et député PBD au Grand Conseil bernois prend fait et cause pour un jeune Iranien de 28 ans, qui demande l’asile en Suisse en raison de son homosexualité. «Je l’ai vite remarqué. Ça tient à comment il bouge, se présente – bref, à tout son comportement», confie Stähli à la «Berner Zeitung».

Le Secrétariat d’Etat aux migrations, suivi par le Tribunal administratif fédéral ont pourtant rejeté le dossier de l’Iranien, le jugeant peu crédible et estimant que Reza ne risquait pas des persécutions en cas de retour en Iran. Les instances ont ainsi relevé des contradictions dans le récit du jeune homme. Celui-ci aurait omis de se définir comme gay lors du premier entretien, évoquant seulement une relation homosexuelle. Ce n’est que dans un second temps qu’il aurait parlé de gros ennuis liés à son homosexualité au cours de son service militaire.

«Il avait honte, il s’est ouvert à moi progressivement», plaide Stähli, qui a fait connaissance du jeune homme il y a un an et demi alors qu’il était hébergé non loin de chez lui, à Niederulmiz. Le jeune homme demande au politicien de raconter lui-même l’affaire survenue à l’armée. Il aurait été surpris avec un camarade sous les douches. En guise de punition, son service militaire aurait été prolongé et accompagné d’abus sexuels de la part de supérieurs. Pire: la famille du camarade l’aurait accusé de viol, entraînant l’audition du père de Reza par la police.

La justice de la République islamique est réputée sans pitié avec les homosexuels accusés de violence, passibles de la pendaison.

«De l’air pour vivre»
«Je ne vois aucune raison de douter de ses descriptions», dit Stähli. Il souligne que le jeune – qui a un métier, charpentier, et vient d’une famille de la classe moyenne – n’avait a priori aucune raison de s’exiler. Entre-temps, toutefois, son frère et sa mère sont décédés et deux de ses sœurs ont obtenu l’asile en Autriche. Reza lui-même a tourné le dos à l’islam, qui «ne lui donnait pas d’air pour vivre», et explique qu’il n’a désormais nulle part où aller. Il se dit très affecté par le refus des autorités suisses, qui le condamne à la clandestinité.

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