Rébellion marxiste «truffée de gays», selon Duterte

Le président philippin a prétendu que la Nouvelle armée du peuple avait tenté de violer son fils. Une «blague» selon le leader communiste, qui a cependant encouragé les LGBT à rejoindre l’insurrection.

Il n’y a pas que Donald Trump qui manie approximations, fake news et élucubrations. Parmi les leaders mondiaux les plus fantasques, Rodrigo Duterte a encore fait très fort, ce samedi lors d’un meeting. «Saviez-vous que 40% de la Nouvelle armée populaire est composée de gays?» a lancé le président philippin en parlant de la guérilla marxiste qui défie Manille depuis près de cinq décennies. Duterte a alors raconté que quatre rebelles avaient tenté d’agresser sexuellement son propre fils Sebastian lors d’une libération d’otages. «Il m’a dit qu’ils l’avaient pris à l’écart et s’étaient mis à l’embrasser. Je lui ai dit OK, tu sais maintenant ce que c’est que d’être embrassé par des gays. Quel flirt!»

L’histoire a fait rire l’assistance, et grincer des dents le leader du Parti communiste des Philippines. Depuis son exil néerlandais, José Maria Sison a balayé une histoire «inventée de toutes pièces». «Le plus incroyable dans cette blague, c’est que 40% des combattants seraient gay. Comment peut-il dire une telle chose quand ses militaires et sa police ne sont pas fichus de localiser les milliers de combattants actifs sur plus de 110 fronts?»

LGBT «bienvenus» dans les rangs communistes
Pour Sison, cité par GMA News, la sortie de Duterte ne fait qu’exposer un peu plus le caractère «macho et antigay» du président. Le leader communiste en a profité pour rappeler que les LGBT étaient les bienvenus dans les rangs rebelles, «dès lors qu’ils sont dévoués à la cause révolutionnaires, sont prêts à se soumettre à un entraînement poltico-militaire, travailler et combattre les ennemis armes à la main».

Arrivé au pouvoir en juin 2016, Rodrigo Duterte est autant connu pour sa «guerre contre la drogue» brutale et arbitraire que pour ses insultes sexistes et homophobes et ses déclarations à caractère sexuel. Peu après son élection, il avait par exemple justifié le viol en bande (suivi du meurtre) d’une missionnaire australienne, ajoutant qu’il aurait aimé «passer en premier». A 73 ans, il reste malgré tout populaire, y compris dans la communauté gay, avec 50 à 60% d’approbation dans l’opinion publique.

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