Image: capture SRF.

«Assumer son homosexualité, c’est important»

Il occupe l’un des postes les plus sensibles de l’administration fédérale: le procureur général Michael Lauber, ouvertement gay, évoque sa vie privée dans la presse dominicale.

A l’époque, certains politiciens avaient avalé de travers la désignation d’un magistrat ouvertement gay dans le rôle stratégique et très exposé de procureur général de la Confédération. En charge des dossiers de criminalité économique ou de terrorisme, Michael Lauber maintient le cap solidement depuis trois ans. Dans la traditionnelle interview à la presse dominicale (dans la «Sonntagszeitung», traduite dans «Le Matin Dimanche»), le Soleurois de 48 ans enfonce le clou: «Si cela dérange quelqu’un que je sois homosexuel, je peux l’admettre mais, à ce jour, je n’ai jamais été en butte à des attaques.»

«Tout le monde peut faire une bêtise, cela doit être toléré. Sinon, il faudrait éliredes eunuques nonagénaires»

Actualité oblige, plusieurs questions tournaient autour de la vie privée des personnalités assumant de hautes fonctions publiques – en référence à l’affaire Geri Müller, le conseiller national qui a vu fuiter des selfies coquins qu’il envoyait à sa maîtresse. Pas de quoi émouvoir le procureur: «Tout le monde peut faire une bêtise, cela doit être toléré. Sinon, il faudrait élire à ce genre de fonctions des eunuques nonagénaires.»

Jardinage et cuisine

Si Michael Lauber n’a jamais caché son homosexualité, il n’est pas question pour lui d’exposer son partenaire. «La sécurité de mon environnement, de mon partenaire et de ma famille a une priorité absolue. C’est pourquoi les noms et photos de ces personnes ne sont pas publics. Pas parce que je ne voudrais pas montrer mon partenaire – c’est un très bel homme – mais je veux le protéger pour des raisons de sécurité.» On saura tout de même qu’à la maison, c’est ce dernier qui jardine et Michael qui cuisine, et que tous les deux portent un bracelet en signe d’union.

Au fait, Michael Lauber aimerait-il épouser son compagnon? La question, délicate pour un procureur fédéral (la Suisse n’a pas ouvert le mariage aux couples de même sexe), suscite une réponse ambiguë. «Nous sommes depuis longtemps en partenariat enregistré, c’est comme un mariage», lit-on dans «Le Matin Dimanche». La version originale de la «Sonntagszeitung» diffère sensiblement: «Ce n’est pas tout à fait comme un mariage» (Das ist nicht ganz das Gleiche wie eine Heirat). Et d’ajouter: «Nous avons une excellente relation que nous voudrions ainsi consolider. Ensuite, cela signifie que nous assumons notre homosexualité. Pour moi, c’est important.»

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