Les Gays dans l’UDC en ont marre d’être snobés

En brandissant la menace d’une pétition contre l’homophobie au sein de leur parti, le groupe gay-lesbien de l’UDC fait réagir – timidement – les instances de la formation populiste suisse.

«Nous en avons assez, que l’UDC suisse ignore simplement les propos homophobes de ses membres au lieu de s’en distancer.» Le chef des Gays dans l’UDC, le Biennois Beat Feurer, est passé à l’offensive. Créée en juin 2010, le petit groupe homosexuel au sein du parti populiste a enfin trouvé le moyen de faire bouger la direction nationale, révèle la «NZZ am Sonntag». Il a menacé de lancer une pétition interne afin que les organes de l’UDC cessent de relayer les «propos insultants, diffamants ou discriminatoires» à l’encontre «des femmes et des hommes gay». Et les exemples sont nombreux, du Lucernois Emil Grabherr (pour qui les homos sont des «abuseurs de gosses» ou des «putes mâles»), au Zurichois Hans Ulrich Lehmann («Le comportement des gays et lesbiennes me répugne») et à l’ancien champion de ski Paul Accola, en passant, bien sûr, par les multiples provocations du Valaisan Grégory Logean. A chaque fois, la direction nationale n’a pas daigné prendre position.

Frustration
Mais la pétition, explique la «NZZ am Sonntag» exprime surtout la frustration des membres homosexuels du parti, superbement ignorés par la direction nationale. A la création du groupe, l’UDC avait même tenté de leur interdire d’utiliser le logo de la formation. On se souvient aussi que lorsque le groupe avait été finalement lancé, Grégory Logean l’avait qualifié de «tumeur à traiter par chimiothérapie… pour éviter qu’elle ne se propage.» La direction nationale n’avait pas daigné réagir.

Débat incontrôlable
Mais le texte de Beat Feurer ne sera pas soumis aux adhérents. L’UDC, craignant sans doute de voir éclater un débat incontrôlable en son sein, vient de tendre la main aux Gays dans l’UDC. Une première offre de dialogue officiel en échange d’un retrait de la pétition. Interrogée par le journal dominical, la secrétaire générale du parti Silvia Bär reste évasive sur la date de cette prise de contact, tout en admettant avoir un peu tardé à entamer le dialogue. «Jusqu’ici, la priorité était donnée aux élections», justifie-t-elle. Les pontes du parti, quant à eux, continuent à garder le silence sur le sujet. Il faut dire qu’après la volée de claques prises lors des dernières scrutins, ils ont sans doute d’autres chats à fouetter.

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