Variole du singe et stigmatisation des personnes gaies

L’Espagne a été l’un des premiers pays européens touchés par la variole du singe. Si la plupart des cas ont été détectés chez des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, le traitement médiatique a stigmatisé une partie de la population, comme cela s'était déjà produit avec le virus du sida dans les années 1980.
Mi-mai, pour la première fois, des cas de variole du singe ont été détectés chez des personnes n’ayant pas récemment voyagé en Afrique. Si n’importe qui peut la contracter, sans distinction de sexe ou d’orientation, par contact étroit avec une autre personne infectée, deux foyers de contamination ont été identifiés dans un sauna gai madrilène et à la marche des fiertés de Maspalomas aux Canaries. La découverte de ces clusters a contribué à générer plusieurs idées fausses sur la nature de ce virus. De nombreux médias espagnols ont illustré les articles avec des images des différentes marches des fiertés, stigmatisant nos communautés. La variole du singe a parfois été directement appelée «virus LGBTIQ+», faisant passer le virus comme une maladie sexuellement transmissible. Cependant, la presse n’a pas été la seule à pointer du doigt les pratiques sexuelles des personnes infectées. Plusieurs institutions médicales ainsi que le ministère de la santé espagnol ont établi un lien direct entre la fréquentation des saunas et le risque d’infection, sans tenir compte d’aucun autre élément scientifique.
→Informations sur le monkeypox (variole du singe)→https://drgay.ch/fr/variole-du-singe |
Des répercussions sur le collectif
La Fédération espagnole des lesbiennes, gaies, trans* et bisexuel·les (FELGTBI+) a appelé les autorités sanitaires, les politiques et les médias à être «responsables» quant aux messages qui étaient transmis au sujet de la variole. L’organisation s’inquiétait des «répercussions importantes de l’association d’une maladie à un collectif car elle crée une stigmatisation qui, si elle s’installe, est très difficile à combattre». En outre, la FELGTBI+ soulignait également qu’en plus de «stigmatiser les groupes vulnérables», cette désinformation pouvait générer «un faux sentiment d’invulnérabilité chez le reste de la population». L’ONUSIDA, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida mettait également en garde contre les nombreux dérapages homophobes et racistes constatés.