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Performative Male ou quand tout le monde performe en 2025

Performative Male ou quand tout le monde performe en 2025
©Tide Tasher (licence unsplash)

En 2025, le performative male était partout. Identifié par le magazine Dazed comme l’un des symptômes culturels de l’année, il cristallise pourtant une réalité bien plus large. Car la mise en scène de soi n’est pas une dérive récente: elle est devenue une condition sociale partagée.

Dans sa review culturelle 2025, Dazed note l’omniprésence d’une figure devenue virale: celle du performative male. Mais réduire la question à une simple caricature masculine serait passer à côté de l’essentiel. Car la performativité n’a rien de nouveau — elle structure nos rapports sociaux depuis bien avant Internet.

Ce qui change aujourd’hui, ce n’est pas le fait de performer, mais le regard collectif posé sur ces performances.

La performativité, une vieille histoire

Bien avant les réseaux sociaux, certaines performances étaient déjà scrutées, soupçonnées, disqualifiées. Les femmes ont longtemps été accusées de ne pas être “authentiques” dans leurs goûts: trop superficielles, trop stratégiques, trop séduisantes pour être sincères.

Dans les années 2010, les figures de la « fake gamer girl » ou de la « pick me » n’ont rien inventé. Elles ont simplement mis des mots sur une méfiance ancienne: celle qui consiste à croire que les femmes jouent un rôle pour plaire, manipuler ou se faire une place dans des espaces dominés par les hommes.

Autrement dit: la performativité a longtemps été un reproche genré.

Ce qui change aujourd’hui

Ce que Laura Pitcher observe à travers de son article dans Dazed, c’est un déplacement. La suspicion ne vise plus seulement certaines catégories: elle s’étend à tout le monde. Désormais, chacun·e·x est sommé·e·x de prouver que ses goûts, ses engagements, ses émotions ne sont pas “juste performatifs”.

Aimer la bonne musique. Lire les bons livres. Avoir les bonnes opinions. Tout devient signal, tout devient preuve. Et surtout, tout devient potentiellement suspect.

Les réseaux sociaux n’ont pas créé la performativité. Ils l’ont rendue visible, mesurable et monétisable.

Performer pour exister

Dans une société saturée d’images, ne pas performer devient presque impossible. Exister socialement, c’est produire un récit de soi — que ce soit par un look, un lifestyle, une posture politique ou une manière d’aimer.

Le problème n’est donc pas que les gens performent. Le problème, c’est que l’authenticité elle-même est devenue une performance attendue.
Et c’est là que la figure du performative male fonctionne comme mème : non pas parce qu’elle serait nouvelle, mais parce qu’elle révèle une angoisse collective. Celle de ne plus savoir si quelque chose est vécu, joué… ou les deux à la fois.

La vraie question

Ce moment pop culture ne dit pas que nous sommes devenu·e·x·s faux·sse·x·s. Il dit que nous vivons dans un système qui exige une mise en scène permanente, tout en punissant celleux dont la performance est jugée trop visible, trop consciente, trop assumée.