Monde Caraïbes

Malgré ses lois hostiles aux gays, la Barbade leur déroule le tapis rouge

25 juillet 2020

Plage à la Barbade. Photo: CC0

Face à la crise du tourisme, la Barbade souhaite accorder le droit de résidence aux familles étrangères, y compris LGBTQ+, a précisé sa Première ministre. Or, l’homosexualité est encore illégale dans l’île.

Quitte à télétravailler, autant le faire sur une île paradisiaque, non? Comme quelques autres pays, la Barbade tente de tirer son épingle du jeu dans la situation actuelle de pandémie. Pour pallier l’effondrement du tourisme, elle a mis en place un programme permettant à des couples et familles étrangères de s’installer pendant une année dans le pays, relativement peu touché par le Covid-19 à ce jour. Le Barbados Welcome Stamp ne s’adresse, en principe, qu’aux couples mariés.

Interrogée devant l’assemblée, mardi, la Première ministre Mia Mottley a toutefois élargi cette offre, rapporte Out.com. Toutes les familles seraient les bienvenues, quel que soit leur statut conjugal, leur race, leur genre… et leur orientation sexuelle. Cette dernière précision est étonnante, puisque la Barbade est un des derniers États du continent américain où l’homosexualité est encore formellement illégale (avec la Jamaïque et le Guyana, notamment).

«Ce pays a toujours mis les gens à l’aise. Je ne veux rien avoir à faire avec une communication qui suggérait que l’on remet en cause cela, que l’on soutient la discrimination ou les phobies de quelque façon que ce soit», a ajouté Mia Mottley.

Anachronisme

Vestige de la législation coloniale, l’article 154 du Code pénal barbadien criminalise tout rapport anal ou oral entre partenaires de même sexe ou de sexe différent. Des pratiques passibles de 10 ans de prison. Ce texte anachronique n’est plus appliqué, mais il reste dans la loi en vertu d’une «clause de sauvegarde» protégeant ces dispositions héritées de l’Empire britannique.

«Les gens ne comprennent pas la pression que cela représente, combien cela empêche d’être soi-même, témoignait un gay barbadien dans un rapport de Human Rights Watch en 2017. Cela handicape nos opportunités d’éducation, d’emploi et de participation à la société.»

De plus en plus, les LGBTQ+ barbadiens sortent toutefois du placard. Une première Pride a même été organisée dans l’île en 2018, avec l’encouragement de la star Rihanna, elle-même Barbadienne. La même année, trois citoyens ont porté l’affaire devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme, où elle est toujours en cours d’examen.

À lire également