Un jeune médecin turkmène disparaît après son coming-out

On est sans nouvelles de Kasymberdy Garayev depuis une convocation à la police, il y a dix jours, peu après la diffusion d’une vidéo où il témoignait de la répression des LGBT au Turkménistan.

Qu’est devenu Kasymberdy Garayev? Human Rights Watch a interpellé les autorités du Turkménistan à propos de la disparition de ce cardiologue de 24 ans, qui venait de dénoncer la répression d’État et le climat social très hostile aux LGBT. «Compte tenu du triste bilan du Turkménistan en matière de droits humains, y compris le recours aux disparitions forcées, nous avons toutes les raisons de craindre pour sa sécurité et son bien-être», a communiqué l’ONG.

C’est la chaîne pro-occidentale Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) qui a donné l’alerte après avoir perdu le contact avec Garayev quand ce dernier a été convoqué par la police, le 24 octobre à Ashgabat. Trois jours plus tôt, il avait témoigné dans une vidéo, où il faisait son coming-out et racontait avoir subi des pressions et des violences de la part de sa famille en raison de son homosexualité, puis avoir «pris goût à la liberté» et «commencé à s’accepter» au cours de ses études en Biélorussie. RFE/RL l’avait diffusée sans dévoiler l’identité du jeune médecin.

Le 31 octobre, la chaîne a diffusé un message vidéo confié par Garayev au moment de sa convocation, «au cas où il lui arriverait quelque chose». En larmes, il y exprimait ses craintes et demandait pardon à ses proches.

Première arrestation en 2018
En 2018, Garayev avait déjà été brièvement arrêté par la police, qui avait cherché à lui extorquer des aveux sur son orientation sexuelle. Il pourrait aussi être poursuivi en vertu des lois qui interdisent aux citoyens turkmène de collaborer avec des médias étrangers. Selon RFE/RL d’autres membres de sa faille seraient également détenus.

Contrairement aux autres ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, l’homosexualité (définie comme «rapports sexuels entre hommes») est illégale au Turkménistan et passible de 2 ans de prison. Les services de sécurité y pratiquent les examens anaux forcés, entre autres méthodes de torture.

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