Magazine gay épinglé pour une pub contre la norme pénale anti-homophobie

Le mensuel alémanique «Display» s’est distancié d’une annonce pour le «non» à la votation du 9 février parue dans ses pages. Une «erreur inexcusable», selon l’éditeur.

C’est ce qu’on appelle un shitstorm. Le magazine suisse alémanique «Display» a déclenché une petite tempête de m… en publiant dans son édition de novembre une annonce appelant à voter «non» à l’extension de la norme pénale antiraciste à l’homophobie, lors de la votation du 9 février 2020. Intitulé «Nous voulons l’égalité, pas des droits d’exception», l’encart publicitaire fleure bon l’argumentaire UDC, dénonçant pêle-mêle le «terrorisme de la pensée» («Gesinnungsterror»), la répression des opinions différentes et le fait de traiter les LGBT «comme une minorité faible».

L’annonce émane du comité Sonderrechte Nein qui, de fait, prétend combattre l’initiative Reynard sous l’égide de la bannière arc-en-ciel. L’essentiel de ses membres provient des rangs du parti populiste de droite, mais le collectif comprend également des représentant·e·s gay et lesbiennes du PLR et du PDC.

Engagé pour le «oui»
Dans un exercice assez malaisé, «Display» s’est distancié de l’annonce, précisant sur Facebook que le magazine s’était dès le début engagé pour le «oui» à cette initiative. Répondant à un internaute qui s’indignait qu’un tel contenu puisse même paraître dans une telle revue, l’éditeur a d’ailleurs expliqué qu’il s’agissait d’une «erreur inexcusable» commise dans l’urgence du bouclage. Dans la foulée, il a accepté d’offrir une annonce gratuite au comité pour le «oui» à l’initiative.

De quoi faire écumer de rage Michael Frauchiger, membre des Jeunes UDC à la tête du comité Sonderrechte Nein. «C’est du terrorisme de la pensée par excellence de la part de la gauche. Incroyable!»

L’association zurichoise HAZ a répliqué avec une parodie de l’annonce, sous le titre «La protection contre la discrimination n’est pas un droit d’exception». Elle rappelle qu’exiger que l’on punisse les appels à la haine n’est pas une preuve de faiblesse et appelle à ne pas se laisser embobiner par les populistes qui crient à la censure.

En 2015, «Display» s’était déjà retrouvé dans ses petits souliers après avoir publié l’offre d’emploi d’un entrepreneur recherchant un «gay normal (pas une tante)» (sic)… dans une édition consacrant un dossier aux discriminations sur le lieu de travail…

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