Marina Bay, à Singapour. Photo Matt Doughty (CC BY 2.0).

Une fuite malveillante expose les noms de 14’000 séropositifs

Un Américain est soupçonné d’avoir téléchargé sur le web, probablement par vengeance, une partie des fichiers du Ministère de la santé de Singapour, Etat qui discrimine les étrangers porteurs du virus.

Les noms, adresses et numéros de téléphone de quelque 14’200 personnes porteuses du VIH se sont retrouvés accessibles sur le web après un vol de données survenu à Singapour. Le répertoire aurait été dérobé du serveur du Ministère de la santé singapourien, qui a présenté lundi des excuses embarrassées à tous les résidents concernés, rapporte le «Straits Times»: «Nous sommes désolés de l’anxiété et de la détresse créées par cet incident». Une hotline a été ouverte.

Suspect numéro 1 de la fuite, selon les autorités: un certain Mikhy Farrera Brochez. Ce citoyen américain de 33 ans se serait vengé après avoir été condamné à une peine de 27 mois de prison en 2017, pour avoir caché son statut sérologique au moment de son entrée sur le territoire pour y travailler comme enseignant, en 2008. Singapour interdit encore l’immigration de porteurs du virus du sida. Jusque récemment, de simples voyageurs pouvaient également être refoulés en raison de leur séropositivité.

Stigmatisation
Aujourd’hui introuvable après son expulsion de Singapour, Farrera Brochez avait vraisemblablement obtenu le fichier par son compagnon, un médecin singapourien haut placé dans l’administration sanitaire. Celui-ci l’avait aussi aidé à fournir un faux échantillon de sang lors de son arrivée dans la Cité-Etat. Le praticien est actuellement sous les verrous.

L’ONG locale Action for AIDS a qualifié la fuite d’information d’«acte criminel (…) susceptible d’endommager les vies de personnes vivant avec le VIH et de leurs proches». Les séropositifs font face à une importante stigmatisation à Singapour, une situation en partie liée au rejet de l’homosexualité, qui reste illégale sur le territoire.

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