Un jeune outsider gay dans la course à la Maison-Blanche

Maire très apprécié d’une ville du Midwest, Pete Buttigieg, 37 ans, espère porter la voix d’une nouvelle génération d’Américains dans la campagne pour la présidentielle de 2020.

A deux ans de la présidentielle aux Etats-Unis, la liste des prétendants démocrates à la Maison-Blanche s’allonge. Et pour la première fois, un politicien ouvertement gay se lance dans la course. En annonçant sa candidature dans une vidéo dévoilée mercredi, Pete Buttigieg met d’abord l’accent sur son jeune âge: «Je suis d’une génération qui a vécu les fusillades dans les écoles, qui a servi dans les guerres d’après le 11-Septembre, celle qui risque de faire moins que ses parents à moins de faire les choses différemment.»

Buttigieg jouit d’une notoriété limitée aux Etats-Unis, même s’il a été remarqué pour la gestion de sa ville, South Bend (Indiana), 100’000 habitants. C’est là qu’il vit avec son mari, Chasten, et leurs deux chiens. Et c’est dans le quotidien local qu’il a fait son coming-out, en 2015. Il avait signé une tribune dans laquelle il expliquait faire cette démarche «pour l’étudiante qui se débat avec sa sexualité, (…) mais aussi pour le citoyen conservateur d’une autre génération, dont le malaise face au changement social est en partie ancré dans l’impression qu’il ne connaît personne qui soit gay. Peut-être q’un visage familier rappellera que nous sommes ensemble dans une même communauté.» Deux ans plus tard, «Mayor Pete», comme l’appellent ses administrés (pour éviter de prononcer son patronyme d’origine maltaise), était réélu avec près de 80% des voix.

Pour ce lieutenant de réserve de l’intelligence navale, déployé en Afghanistan en 2013-2014, la bataille politique ne fait que commencer. Il devra tout d’abord obtenir l’investiture démocrate, où il apparaît comme un lointain outsider face aux ténors déjà déclarés, comme la sénatrice Elizabeth Warren ou l’ancien secrétaire au Logement Julian Castro.

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