Monde Berlin

Les populistes allemands préparent leur virage homophobe

12 mars 2016

Anti-euro et anti-étrangers, le parti AfD envisage à présent de draguer l’électorat conservateur en s’attaquant à «la propagation de l’homosexualité et de la transsexualité à l’école», entre autres fantasmes.

Alternative für Deutschland (AfD), le parti populiste auquel les sondages prédisent une forte poussée, n’a pas l’intention de limiter ses attaques à la politique d’asile ou à l’Europe. Il veut désormais incarner la «critique de l’islam», révèle «Spiegel». Le magazine a eu accès aux documents de préparation de son prochain congrès, le 30 avril à Stuttgart.

Le projet de plateforme surfe sur la vague Pegida, mais pas seulement. Un de ses nouveaux «points forts» semble tout droit sortie du missel de la «Manif pour tous»: critiques de la «discrimination des mères au foyer», de la «banalisation de l’avortement» et de «la propagation de l’homosexualité et de la transsexualité dans l’enseignement». «Nos enfants ne doivent pas devenir le jouet des orientations sexuelles d’une minorité bruyante», peut-on y lire.

L’AfD rêve, en outre, de voir disparaître les financements publics en matière de diversité et de lutte contre les discriminations. Ces thèmes sont, selon le parti populiste, autant d’«instruments des lobbies pour asseoir leur hégémonie culturelle».

Influence
Cette inflexion dans le discours du parti serait due à Beatrix von Storch, authentique duchesse et eurodéputée, qui représente le courant ultraconservateur au sein de l’AfD, relève le site gay Queer.de.

La Rhénanie-Palatinat, la Saxe-Anhalt et le Bade-Wurtemberg (troisième land du pays par sa population, voisin de la France et de la Suisse) votent ce dimanche pour renouveler leur parlement. Alternative für Deutschland pourrait y obtenir des scores à deux chiffres – une situation inédite pour un parti populiste depuis 1945.

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