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Pedro Almodovar captive avec «Mères parallèles»

Pedro Almodovar captive avec «Mères parallèles»
© El Deseo
Dans son 22e long métrage où il sublime les femmes, le maître madrilène mêle la petite et la grande histoire. Son héroïne Penélope Cruz a été sacrée meilleure actrice à la Mostra de Venise.

Après Douleur et gloire, autoportrait introspectif et romancé, le provocateur Pedro Almodóvar revient avec Mères parallèles. Dans ce 22e long métrage grave et émouvant, il rend un vibrant hommage aux femmes porteuses de vie, tout en écartant les personnages masculins, plus ou moins réduits au rôle de reproducteurs.

Sur le point d’accoucher, Janis et Ana se rencontrent dans une chambre d’hôpital. Elles sont toutes les deux célibataires et tombées enceintes par accident. Janis (Penélope Cruz), photographe de mode bientôt quadra, libre et indépendante, se montre enthousiaste et compte élever seule son enfant comme l’ont fait avant elle les femmes de sa famille. En revanche l’adolescente Ana (Milena Smit) apparaît désespérée, pleine de remords et traumatisée. Alors qu’elles déambulent dans les couloirs en papotant, Janis, baptisée ainsi par sa mère fan de la grande Joplin, tente de lui remonter le moral.  

Leurs échanges vont créer entre elles un lien étroit et définitif que le hasard va compliquer d’une manière qui changera leur existence. Mais évidemment Almodóvar, avec sa science des histoires à tiroirs, ne se contente pas d’un mélo classique pour nous raconter celle de deux maternités croisées, quels qu’en soient les bouleversements. Parallèlement, il décide de déterrer le sujet qui demeure tabou en Espagne, son lourd passé franquiste.

Étalé sur trois ans, le récit renvoie ainsi à une quête familiale. L’auteur, usant d’un formidable sens de l’ellipse, mêle du coup la petite et la grande histoire. Dès l’ouverture, Janis explique en effet qu’elle veut faire excaver une fosse commune où son arrière-grand-père, privé de sépulture, a été jeté anonymement par les fascistes pendant la guerre civile. C’est ailleurs en draguant et en invitant chez elle Arturo, séduisant anthropologue juridique chargé des fouilles, que le bienheureux accident s’est produit…   
 
Des femmes toute neuves
Pedro Almodóvar, qui s’est beaucoup inspiré des femmes pour écrire, dit en avoir conçu des nouvelles. Des héroïnes du quotidien, émancipées, à l’avant-garde de la parentalité, qu’il s’agisse des normes biologiques ou sexuelles. Entre coïncidences, hasards, drame et suspense, elles ne vont cesser de se rencontrer, tandis que le cinéaste précise sa pensée sur la société, le patriarcat, le passé et les secrets enfouis avec lesquels il est temps d’en finir.

Pour porter principalement le film, où il aborde une foule de thématiques outre la maternité et l’histoire (deuil, identité, descendance, héritage), le maître madrilène a sans surprise choisi son égérie Penélope Cruz, pour une huitième collaboration. Elle s’est déclarée la femme la plus chanceuse du monde en recevant le scénario. Elle fait à nouveau étalage de son talent dans un rôle complexe, qui lui a valu d’être sacrée meilleure actrice à la dernière Mostra de Venise. Mais on n’oublie pas sa jeune partenaire Milena Smit. Elle se montre parfaitement à la hauteur dans une interprétation pleine de grâce et de sensibilité.
 

En salles dès le 1er décembre. Distr. Pathé