Culture

«J’aime la lecture et le sexe, idéalement les deux en même temps»

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Rédacteur en chef

Journaliste à la plume exquise en Suisse romande, notamment au Temps et parfois dans les colonnes de 360°, Salomé Kiner sort son premier roman, Grande Couronne, aux éditions Christian Bourgois. En attendant de le dévorer, délectons-nous de ses réponses au questionnaire de Proust. 

Le principal trait de mon caractère
Je suis infiniment curieuse des autres. Dans le train, au restaurant, en voyage, j’ai toujours envie d’aller voir des inconnu·e·x·s pour qu’iels me parlent de leur vie. Je suis vraiment heureuse d’être journaliste.
 
Ce que j’apprécie le plus chez mes ami·e·x·s
J’aime leur humour, leur gentillesse et leurs talents. J’aime leurs obsessions, et les mondes qu’ils me font découvrir. J’aime quand ils vivent pour la légende et qu’ils viennent me le raconter.
 
Mon principal défaut
J’ai du mal à dire non. Avant, je m’entraînais avec un copain. Il me faisait des propositions que je devais décliner. Même pour rire, ça me coûtait.  
 
Mon occupation préférée
La lecture, le sexe, et idéalement les deux en même temps. 
 
La couleur que je préfère
Celle des malabars bigoûts. Elle me rappelle la complexité des émotions contradictoires et surprenantes qui nous traversent en permanence: la nostalgie dans les moments de grand bonheur, la pulsion de vie qu’on trouve pour traverser certaines épreuves.
 
La fleur que j’aime
Les hibiscus rouges. Je les trouve à la fois dramatiques et généreux. À Buenos Aires, je vivais dans un quartier pauvre, mais leurs fleurs éclatantes égayaient les rues comme des cœurs accrochés aux maisons. Ou comme des taches de sang, dans les jours de violence.
 
Mes héroïnes favorites dans la fiction
Yvonne dans Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry.
Yvonne dans Villa Triste de Patrick Modiano.
Yvonne dans Le Grand Meaulnes.
 
Le don de la nature que je voudrais avoir
La danse. Mon corps m’a beaucoup empêchée et fait souffrir. Quand j’observe des danseur·euse·x·s, j’ai l’impression qu’iels foulent une dimension de l’existence qui m’est totalement inaccessible.
 
Les fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence
Les fautes d’orthographe. Juger l’orthographe de quelqu’un, c’est nier beaucoup d’inégalités sociales et d’accès à l’éducation.
 
Ma devise favorite:
«Everything is gonna be OK at the end. So if it’s not OK, it’s not the end», soit en français: «À la fin tout ira bien. Donc si ce n’est pas le cas, cela veut dire que ce n’est pas la fin».

Photo © Wiktoria Bosc / Fondation Jan Michalski

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