Avec ses imams gay, un artiste fait enrager les islamistes

Y’a de la fatwa dans l’air au Pakistan, après que la revue d’un prestigieux institut a publié les peintures provocatrices d’un jeune artiste local.

Le Collège national des Beaux-Arts pakistanais est en ébullition. L’institution a fait mettre au pilon la dernière édition de sa revue après avoir reçu des menaces en provenance des milieux islamistes. L’école, basée à Lahore, a retiré des librairies tous les exemplaires où apparaissaient les travaux d’un artiste controversé, Muhammad Ali. Deux tableaux, en particulier, représentaient des prédicateurs musulmans dans des situations pour le moins ambiguës. L’un d’eux, intitulé «Appel à la prière», montre le religieux assis sur un lit, regardant un garçon torse nu qui s’étire langoureusement. Sur une autre toile reproduite dans la revue, un imam est représenté dans un sanctuaire, tenant un livre de Paulo Coelho dans une main, tandis qu’avec l’autre, il allume la cigarette d’un jeune homme. Un second éphèbe est assis, nu, à ses pieds. Ali avait, auparavant, signé des tableaux détournant les codes de l’art pieux du Moyen-Age.

«Violemment profane»
Ce travail, célébré par un critique comme «délibérément et violemment profane» et comme un «défi à l’homophobie» qui règne dans la société pakistanaise, a donné lieu à des violentes réactions de la part des milieux islamistes. Outre des menaces de mort, une plainte a été déposée par le Jamaat ud-Dawa, un parti islamiste radical très influent au Penjab. L’artiste, les responsables de la revue (dont le comité a été dissous en catastrophe), et la direction de l’académie risquent de se voir poursuivis pour blasphème, rapporte l’agence Associated Press.

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