La tête

Portrait express d’une personnalité. Ce mois-ci: Estelle Héritier.

Au milieu de la troupe en tant que danseuse, elle a beaucoup arpenté les scènes et les studios de France et de Suisse où elle a côtoyé Gilles Jobin, entre autres. Ces expériences l’ont nourrie, certes, mais pas rassasiée: la chorégraphie la titillait. Elle n’aime pas l’idée que l’on veuille mettre une étiquette stylistique sur son travail actuel et c’est compréhensible. Elle? Estelle Héritier, danseuse et chorégraphe.

Dès ses premières pièces, Estelle Héritier a développé un langage où la matérialité des corps se traduit par une danse fixée au sol, l’observation minutieuse de l’épiderme et le traitement organique des danseurs considérés comme une masse dynamique.

Avec «Pièces d’origine», quatrième création à l’Arsenic où elle est en résidence, la chorégraphe poursuit l’exploration de ce vocabulaire. Sensible à une imagerie où le mouvement se crée en relation étroite avec l’environnement scénique, elle s’allie au plasticien Alexandre Joly, à la chanteuse Catherine Jauniaux et à l’éclairagiste Catherine Brevers. Ensemble, ils mettent en place une machinerie poétique par le biais d’un objet singulier: une immense hélice en mouvement qui se confronte au corps de la danseuse. Œuvre vivante et dansée face à une œuvre plastique, ce solo questionne les interactions possibles entre les différentes expressions artistiques. Il propose un retour aux origines d’un corps qui se meut comme élément plastique, au sein d’un espace qui l’affirme, le détourne et le transcende.

Pièces d’origine, solo de et par Estelle Héritier du 25 au 30 octobre à l’Arsenic, Lausanne
Les 3 et 4 décembre 2005 : Rotefabrik (Zurich),
Les 18 et 21 janvier 2006 : Journées de Danse Contemporaine Suisse (Genève et Lausanne)