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Éternel·le étranger·ère

Éternel·le étranger·ère
Photo: Lukas Beyeler
Voir la ville de Québec depuis le petit hublot de l’avion, après toutes ces années, m’a donné un sentiment de turbulence. Il faut dire que j’ai bien changé·e depuis que j’ai quitté le Canada. Alors que je suis considéré·e comme étranger·ère en Suisse, me voilà à me sentir étranger·ère dans mon propre pays.

Il mouillait à siaux quand mon père est venu nous chercher, Aleks et moi, pour nous conduire chez nous. Dans l’auto, on échangeait des regards-sourires par le biais du rétroviseur. C’était la première fois que je présentais un amoureux à mon père. La rencontre avait toutefois son fond de malaise, car il appelait Aleks «ton ami».

En naviguant dans les rues de mon village, nous avons croisé mon oncle qui nous saluait à grands coups de bras. La vitre latérale était à peine descendue que je l’entendais déjà nous crier la bienvenue: «Comment ça va Mathieu! Tu sais que mes enfants te suivent sur Instagram! Tu fais du bon!»

Alors que plus jeune, il m’achetait des affiches de Pamela Anderson pour que je devienne un homme, ce jour-là, je ne voyais que fierté et joie de me retrouver. En parallèle, je commençais à recevoir des messages d’amour de la Suisse sur mon Natel.

Je suis peut-être un·e éternel·le étranger·ère. D’ailleurs, n’est-ce pas également ça, être queer? Dans tous les cas, tout cet amour me fait me sentir chez moi.

Au prisme de sa culture québécoise, de ses activités militantes et artistiques, Princesse GenderFuck partage ses histoires entre son pays d’accueil, la Suisse, et son pays d’origine, le Canada.