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Pays d’exception

Pays d’exception
L’UDF, le Parti évangélique et quelques poids lourds de l’UDC ont donc réussi leur coup. L’an prochain, par référendum, le peuple suisse sera appelé à voter sur le Partenariat Enregistré entre Personnes de même Sexe.

Pour l’heure, les sondages publiés à ce sujet rassurent les amoureux ayant déjà réservé leur «voyage de peps» à Ibiza ou à l’île Maurice: selon les dernières prises de température, deux-tiers des Suisses seraient favorables à l’idée de voir les couples homos défiler devant le maire afin de signer un contrat d’union.
Mais dans une Helvétie en proie à la frilosité, allez savoir quelle mauvaise surprise pourraient encore nous réserver les urnes…Les récentes votations sur la naturalisation facilitée n’ont pas manqué de nous le rappeler brutalement: ce pays, si fier de son «exception», est prompt à rejeter toute tentative d’ouverture qui touche aux valeurs constitutives de son identité nationale. Les affiches honteuses de l’UDC ont bon dos pour expliquer cet échec. Contrairement à ce que laissaient penser les mines ahuries des partis bourgeois et de la gauche au lendemain des résultats, ce «non» tient bien moins à une campagne dégueulasse qu’à une politique officielle d’immigration entretenue depuis des années et ancrée sur une culture institutionnalisée de l’altération de l’identité suisse (lire en p.4).
Il n’est pas certain que l’opportuniste UDC, trop occupée à contrer les bilatérales l’an prochain, parte officiellement en campagne contre le partenariat (même si son mercenaire valaisan Oskar Freysinger imagine déjà volontiers les affiches choc que son parti pourrait imprimer à ce sujet – lire en page 12). Mais à l’instar du repli identitaire dont souffre chroniquement notre pays, pas besoin de compter sur l’UDC ou sur quelques conservateurs poussiéreux pour se faire des frayeurs: en cette période de doute extrême, l’opposition de principe, presque souterraine, à tout ce qui incarne l’ouverture et le progrès social gangrène les mentalités. Qu’on le veuille ou non, la nouvelle forme de reconnaissance sociale que représente la Loi sur le partenariat ébranle les repères traditionnels de la société bourgeoise.
Les opposants ne manqueront pas d’activer le bouton «famille» et «valeurs traditionnelles» pour tenter de contrecarrer le partenariat. Face à ce discours, inutile de faire valoir que nous sommes bientôt le dernier pays européen à ne pas disposer d’un pacs, surtout si l’objet est mis en votation en même temps que les accords de Schengen/Dublin (décision prochainement)…
La stratégie du comité «Oui au partenariat» consistera surtout à bien différencier le débat en jeu de celui du mariage, à rester sur le terrain des changements concrets et limités qu’apporte la nouvelle loi. Mais ces arguments rationnels suffiront-ils à éviter la tentation du repli? La campagne trop sereine sur la naturalisation facilitée a de quoi allumer quelques signaux d’alarme.