M-drague à problèmes

Surfant sur la vague du speed dating et autres combines pour trouver l’âme sœur, la Migros lançait en novembre 2003 à Zurich le «Shop’n’Flirt». Un nouveau concept de magasin qui consiste, mais oui, à faire ses courses tout en draguant.

En somme, une action «2 pour le prix d’1», comme pour les salades qui menacent de passer Migros-data. Le deux en un, c’est l’esprit d’une époque où plus aucun acte, même le plaisir le plus élémentaire, n’échappe au diktat de l’efficience économique. Pas facile pourtant de lorgner sur la clientèle tout en se concentrant sur sa liste de commissions ; mais qu’importe, le concept marche fort, à en croire la Migros. Public cible: les jeunes célibataires branchés qui fréquentent le Kreis 5, autrefois quartier populaire et industriel dont les vieilles usines vides se sont transformées aujourd’hui en bars branchouilles ou en bureaux très tendance, et où même la Migros, donc, se met au goût du jour.

Comment entrer dans le jeu du «Shop’n’Flirt»? Rien de plus simple en apparence: à l’entrée du magasin, il suffit de s’armer d’un panier orné d’un cœur rouge clignotant, histoire d’attirer vos congénères et de leur signaler vos intentions. Mais on apprend par le journal interne de l’entreprise que les concepteurs ont omis un détail de taille: le panier-joujou fait bien entendu fureur parmi la clientèle gay, mais pas moyen d’y indiquer par quel sexe vous voulez être abordé(e)! Ce qui ne manque pas de créer une joyeuse zizanie au rayon des yoghourts. La direction du magasin promet d’y remédier – on ne sait encore comment. En attendant, côté M-ambiance, on regrette déjà le camion Migros.

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