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Politiciens suisses, et si vous sortiez du placard?

La communauté LGBT reste sous-représentée dans les gouvernements et les parlements, même si un troisième élu gay vient de faire son entrée au National.

Sortir du placard pour exister. La gain en visibilité des gays et lesbiennes est à la base du lent changement des sociétés hostiles à l’homosexualité. Un acte politique en somme, qui prend cependant une dimension toute autre lorsqu’il s’agit d’une politicienne ou d’un politicien. En assumant publiquement leur homosexualité, ils offrent une représentation positive aux jeunes générations. Or, en Suisse, peu font leur coming-out «médiatique». Seuls trois parlementaires fédéraux (voir ci-dessous) assument ouvertement leur homosexualité, contre un seul conseiller d’Etat au niveau cantonal, une pincée dans les exécutifs communaux et quelques députés de ci, de-là. Dans les faits, les politiciennes et politiciens homosexuels existent en plus grand nombre. Pourquoi diable ne prennent-ils pas leurs responsabilités face à la communauté LGBT, et en particulier à sa jeunesse?

Pourquoi cacher sa sexualité à ses confrères et électeurs? Premièrement, le côté politique: la peur de voir sa cote de popularité baisser, de perdre des mandats. Deuxièmement, peut-être le paramètre générationnel: les jeunes politiciens seront-ils plus enclin à franchir le pas? Quant aux lesbiennes, elles devraient dans un tel cas affronter une possible double discrimination, de par leur sexe d’une part – les femmes sont déjà sous-représentées – et de par leur sexualité de l’autre.

Utiliser son influence
Est-ce que nos représentants politiques doivent attendre que la société change pour cesser de mentir à leurs électeurs ou doivent-ils dire la vérité pour aider la société et les partis à évoluer? Ceux qui ne cachent plus leur homosexualité le font en partie pour aider la société, le monde politique et parfois même leur parti à changer de regard sur les personnes LGBT. «On veut sensibiliser les membres du parti à notre situation au sein de l’UDC nationale», expliquait Beat Feurer, président la section gay de l’UDC et récemment élu à l’exécutif de Bienne, aujourd’hui à majorité homosexuelle, sur l’antenne de la RTS, le 3 octobre dernier. Il confiait également sentir un lent changement dans son parti – connu pour ses prises de position en faveur de la famille traditionnelle – depuis la création de la section voilà deux ans. S’il admet que le parti pourrait se servir de Gay UDC comme d’un alibi, il n’en a cure: «Je veux utiliser mon influence pour continuer de faire évoluer le parti».

Souvent, les politiques qui osent le dire s’empressent de souligner qu’ils ne feraient pas de l’homosexualité une ligne politique. Même si ce n’est pas par militantisme, chères politiciennes, chers politiciens, outez-vous. Les jeunes vous écoutent.

Un 3e élu gay sous la Coupole

Daniel StolzDepuis la fin du mois de novembre, l’Assemblée fédérale compte un troisième élu ouvertement gay. Le libéral-radical de Bâle-Ville Daniel Stolz a fait son entrée au Conseil national après le décès de Peter Malama. Ce libéral de 44 ans se définit comme un défenseur des intérêts urbains. Il estime que les villes sont les parents pauvres de la politique fédérale. Parmi ses chevaux de bataille, l’ouverture de l’adoption à tous les couples. Un combat qu’il dit ne pas me mener pour lui-même. «Je ferais un piètre père, a-t-il avoué à la Basler Zeitung. Non pas parce que je suis gay, mais parce que je n’ai jamais de temps.» Pour mémoire, la question sera débattue ce jeudi à la Chambre basse.

Les deux autres élus fédéraux ouvertement homosexuels sont les socialistes Martin Naef (Conseil National/ZH) et Claude Janiak (Conseil des Etats/BL).