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Une case en moins

L'Office suisse de la statistique a entrepris sa grande enquête quinquennale sur la santé. On y parle d'angine, de sport, de capote ou de dépression… Et d'orientation sexuelle, mais seulement par intermittence.

ça commence par un courrier nous informant que nous devrons répondre à une enquête fédérale; pas moyen de se dérober. Quelques jours plus tard, l’Office fédéral de la statistique nous appelle enfin pour sa grande enquête, réalisée tous les cinq ans sur la santé des Suisses. Nous passons une bonne demi-heure à énumérer nos maladies infantiles, la quantité de fruits absorbée quotidiennement, la fréquence de nos visites médicales et celles de nos rapports sexuels. Si, si.

Après une volée de questions sur les moyens de contraception, le doute nous assaille: faudrait-il informer la charmante téléphoniste de nos penchants saphiques? Ah non. Enfin, vient la question tant attendue: «Vous définiriez-vous comme une personne ayant des rapports sexuels avec: 1) exclusivement des hommes, 2) en majorité des hommes et aussi des femmes, 3) avec des hommes et des femmes, 4) en majorité des femmes et aussi des hommes, 5) exclusivement des femmes?» Alors là on s’extasie: «Les gouines, bis et pédés panélisés!» Un hymne national plus tard, on regrette que les questions de genre soient passées à la trappe…

Minorités sexuelles discriminées, connais pas
Deuxième salve fédérale: le questionnaire écrit. Nouvelle pluie de questions: travail, dépression, pression, discrimination. Et vient la question 45: «Avez-vous déjà subi des discriminations dans le cadre de votre travail?» Une liste de raisons potentielles s’offre à nous: handicap, nationalité, maladie, genre… Tout y passe? Et non, cette fois-ci pas trace d’orientation sexuelle et encore moins d’identité de genre. Dommage quand-même. Pris d’une poussée militante, nous envoyons un mail à l’Office des statistiques déplorant ce manque et soulignant son indubitable importance statistique.

A notre grand étonnement, la réponse ne tarde pas: «Nous accusons réception de votre mail et nous vous remercions pour votre remarque tout à fait pertinente concernant le questionnaire en ligne de l’Enquête suisse sur la santé. En effet, cette discrimination ne peut être cataloguée nulle part dans la liste prévue et nous en sommes désolés. Malgré la consultation par de nombreux experts des questions, ce manque est passé inaperçu. Nous vous assurons que nous tiendrons compte de votre remarque et adapterons la question lors de la prochaine enquête, prévue en 2017.» Amusant que les nombreux et certainement coûteux experts n’aient pas acquis le réflexe de penser à la population LGBTIQ! Espérons que l’enquête de 2017, dix ans après le partenariat enregistré, n’oubliera ni les homos ni les autres…

One thought on “Une case en moins

  1. Surtout quand les associations LGBTIQ suisses militent depuis de nombreuses années pour que, justement, l’orientation sexuelle et l’identité de genre soient prises en compte dans cette enquête! Mais il est vrai que les militant-e-s associatif-ve-s sont des expert-e-s trop peu coûteux-ses pour être pris-e-s au sérieux…

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