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La petite-fille de Mussolini, soutien inattendu à la loi contre l’homophobie

Ex-élue d’extrême droite, Alessandra Mussolini a rejoint la liste des célébrités italiennes soutenant le DDL Zan. Une sacrée volte-face pour celle qui, en 2006, avait proféré un retentissant «Plutôt fasciste que pédé!»

Donatella Versace, Rocco Siffredi, le rappeur Fedez, la présentatrice Michelle Hunziker, les chanteurs Mahmood ou Piero Pelù… les célébrités italiennes se pressent au chevet du projet de loi Zan contre l’homophobie et la transphobie. Une campagne virale en faveur de ce texte actuellement bloqué au Sénat a été lancée par le magazine Vanity Fair. Un nom surprenant s’est ajouté à la liste des soutiens, vendredi, celui d’Alessandra Mussolini, petite-fille du «Duce».

L’ex-politicienne du MSI (parti héritier du fascisme), actrice, chanteuse et présentatrice de 59 ans a posté une photo sur sa page Facebook où elle présente la paume de sa main recouverte d’un «DDL Zan». «La loi tout de suite… plus jamais de discrimination!» a ajouté l’icône de l’extrême droite italienne.

Nom de famille bafoué
Les premiers à réagir ont été ses followers, sous le choc. «S’il vous plaît Alessà, à genoux», suppliait l’un d’eux; «Quand on porte un nom de famille important, on doit le respecter», lui reprochait un second, tandis que d’autres lui demandaient si elle était devenue folle. Mais elle a aussi recueilli félicitations et éloges des internautes: «Il n’est jamais trop tard pour comprendre une erreur et prendre le bon chemin.»

Alessandra Mussolini est surtout l’auteure d’une sortie qui avait défrayé la chronique en 2006. Sur un plateau de télévision, elle avait envoyé à la figure de la députée trans Vladimir Luxuria le trop fameux «Meglio fascista che frocio!» («Plutôt fasciste que pédé!»), rappelle Gay.it. Elle s’en est, depuis, excusée, même si elle reste proche de la famille politique néo-fasciste. C’est justement cette dernière qui bloque le projet de loi (disegno di legge, DDL) de l’élu Alessandro Zan, sous prétexte qu’il ne serait pas «prioritaire» dans le contexte actuel. Il prévoit de punir d’amendes et de peines de prisons les incitations à la discrimination et à la violence motivées par l’orientation sexuelle, l’identité de genre, mais aussi le sexisme et le validisme.

Thèmes: Extrême droite  Italie 

1 comments

Alessandra Mussolini a proposé en 2003 une loi pour reconnaître les couples homosexuels, puis les années suivantes, elle a mené des campagnes féroces contre les personnes LGBT et contre «l’idéologie du genre» dans les écoles.
En d’autres termes, cette personnalité politico-télévisuelle adopte parfois une position gay-friendly pour faire parler les gens, mais continue d’agir avec une homophobie profonde et une transphobie encore plus profonde.
Penser que le seul épisode d’homophobie est la phrase prononcée que vous citez signifie banaliser tout, et c’est dommage pour un site généralement très sérieux comme le vôtre.
Peut-être que lorsque vous parlez de l’Italie, vous devriez prendre des sources plus sérieuses que gay.it, un site pas très sérieux et surtout contrôlé par Alessio De Giorgi, un porte-parole de Matteo Renzi. Renzi tente ces derniers mois de fusionner son parti avec Forza Italia, le parti de Berlusconi. Et pour cette raison, il est évident que son objectif est de présenter de la manière la plus favorable possible une représentante de Forza Italia comme Alessandra Mussolini.

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