Monde Auckland

«Be gay, do crime», le discours iconoclaste d’un jeune élu queer

11 déc. 2020

Ricardo Menéndez March entouré de ses collègues de parti. Photo FB/@RMMGreens

La première prise de parole de Ricardo Menéndez March n’est pas passée inaperçue au Parlement néo-zélandais. Le député d’origine mexicaine y mettait en parallèle les expériences des personnes queer et migrantes forcées à la clandestinité.

Il fait partie des 10% d’élus LGBTQ+ sur les bancs du nouveau parlement néo-zélandais – sans doute un record pour un législatif national – Ricardo Menéndez March a fait sensation mercredi en livrant son premier discours. «Dans notre communauté queer, il y a un dicton que j’adore», a déclaré le jeune écologiste d’origine mexicaine. «Il dit: Be gay, do crime» (que l’on pourrait traduire par «Sois gay, fais un crime…»).

Menéndez March voulait ainsi rendre hommage à toutes les personnes marginalisées qui trichent face à l’administration, notamment sur leur statut relationnel, simplement pour garder la tête hors de l’eau et nourrir leur famille. Pour l’élu, «cela veut dire être transgressif et reconnaître que les décideurs ont créé des règles qui criminalisent notre survie et notre existence.» Des paroles qui ont jeté un froid dans une partie de l’assemblée.

Irrévérencieux

Né à Mexico et arrivé jeune en Nouvelle-Zélande, où il a enchaîné les petits jobs avant de s’engager pour les droits des migrants, le trentenaire s’est déjà attiré de nombreuses critiques et attaques, souvent racistes et homophobes. Des pétitions ont même circulé pour empêcher son accession au parlement.

En octobre dernier, son attitude irrévérencieuse en marge de sa prestation de serment lui ont valu un déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Il avait tweeté la photo d’un chihuahua contrarié pour décrire son devoir d’allégeance à la reine d’Angleterre.

Une partie des Néo-Zélandais supportent apparemment mal qu’un naturalisé donne son avis sur le caractère colonial des institutions nationales, une opinion pourtant largement discutée dans la majorité blanche. «Cela montre ce que c’est de ne pas s’excuser d’être un migrant et de ne pas s’excuser d’être queer», a-t-il commenté dans le site Stuff, cité par PinkNews.

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