Victime de viol, il devient coupable de «sodomie»

Un jeune gay tunisien agressé lors d’un plan drague sur les réseaux sociaux a été condamné à la même peine que ses agresseurs: 8 mois de prison.

C’est un verdict impensable dont se fait écho l’association LGBT Shams en Tunisie. Anas, un homme âgé de 26 ans, a été envoyé pour 8 mois derrière les barreaux, dont 6 pour homosexualité, ce lundi à Sfax (sud). C’est pourtant la victime elle-même qui s’était présentée à la police, le mois dernier, afin de porter plainte contre deux individus qui l’avaient violé et dépouillé après lui avoir donné rendez-vous sur Facebook.

En dépit des mouvements sociaux nés lors de la révolution de 2011 et des appels à la dépénalisation, l’homosexualité reste illégale en Tunisie. L’article 230 du Code pénal prévoit jusqu’à 3 années de prison pour «sodomie». Le plaignant a été soumis à un test anal, pratique humiliante dénoncée depuis des années. Les enquêteurs prétendent avoir ainsi démontré qu’Anas n’avait pas été violé, mais qu’il pratiquait la sodomie. Il a ainsi écopé de 2 mois de prison pour «dénonciation calomnieuse».

Pétition
Ironie du sort, ses deux agresseurs ont été condamnés à la même peine totale de 8 mois, en l’occurrence pour sodomie, violences et vol, note l’AFP. Damj, une autre association de défense des LGBT a fustigé «une violation flagrante aux droits de l’homme et une atteinte à la dignité morale». Shams a lancé une pétition sur la plateforme AllOut afin d’obtenir la libération d’Anas.

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