Des militants ont fêté la décision dans tout le pays en chantant et dansant, comme ici à Chennai.

Jour de fierté en Inde

Historique! C’en est fini de l’article 377 du Code pénal indien, qui fondait la criminalisation des gays et lesbiennes dans le pays le plus peuplé du monde.

La décision de la Cour suprême indienne était attendue depuis des semaines. Elle est tombée ce jeudi, faisant la une de tous les médias et déclenchant des explosions de joie parmi les communautés LGBT de tout ce pays de 1,3 milliard d’habitant. A l’unanimité, l’instance suprême a abrogé l’interdiction des actes homosexuels, une relique de l’époque coloniale britannique, désormais jugée contraire à la Constitution.

«Nous ne sommes pas des criminels dans notre propre pays», s’est écrié Smitri, un étudiant de 19 ans qui s’est mêlé aux réjouissances devant le siège de la Cour. «C’est un premier pas mais il reste tant à faire!»

Longs efforts
La décision fait suite à des batailles juridiques remontant à plus de vingt ans, des efforts qui s’étaient heurtés à une justice très frileuse et, ces dernières années, à un pouvoir politique en mains de nationalistes hindous peu enclins à la reconnaissance des droits des homosexuels. Ainsi des ténors du parti BJP avaient estimé que la légalisation représentait un «danger pour la sécurité nationale».

En 2009, la Haute cour de Delhi avait pourtant déjà biffé l’article 377, criminalisant les «rapports charnels contre nature», du Code pénal, avant que les juges fédéraux n’annulent cette décision quatre ans plus tard, semant la consternation. L’article n’était certes plus guère appliqué, si ce n’est pour des chantages et extorsions, faisant perdurer la discrimination et poussant de nombreux gays et lesbiennes à la clandestinité.

En 2017, un jugement avait toutefois ouvert de nouvelles perspectives, quand la Cour suprême avait reconnu la vie privée comme un droit fondamental. C’est sur cette base que les cinq juges de la Cour suprême sont enfin revenus sur la décision de 2013.

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