Le centre, construit à la fin des années 1970, héberge plus de 30 établissements LGBT.

Le maire veut faire le ménage dans la jungle du Yumbo

Les patrons du célèbre centre commercial gay des Canaries sont vent debout contre les nouveaux règlements que tente d’imposer la municipalité.

Tous ceux qui ont passé des vacances aux Canaries l’ont visité: le Yumbo Center est une institution. Bourdonnant d’activités nocturnes, ce centre commercial à ciel ouvert, creusé au cœur de Playa del Inglés, concentre plus d’une trentaine de lieux gay dans une atmosphère de joyeux souk. Justement, la municipalité a entrepris d’y remettre un peu d’ordre – au risque de fâcher les commerçants à moins d’un mois de la Pride locale, qui attire des dizaines de milliers de gays et lesbiennes dans la station balnéaire des Canaries.

Les patrons de boîtes se plaignent du tour de vis «draconien»: les tables doivent être enlevées des allées, le volume de la musique fortement réduit et les shows limités à l’intérieur des établissements. La mairie a aussi prévu de faire respecter les heures de fermeture, fixées pour la plupart des bars à 2h30 du matin. Autant de mesures qui pourraient être «fatales» à la scène gay de l’énorme centre commercial, selon ses copropriétaires. «La Grande-Canarie a un climat chaud, et de nombreux établissements dépendent de l’extérieur pour les divertissement», explique André Wanrooj, qui dirige l’organisation LGBTI locale.

«Règlements bizarres»
Les commerçants, dont beaucoup sont étrangers et ne parlent pas espagnol, se plaignent également de ne pas avoir été avertis convenablement. Une pétition sur le site Change.org a recueilli quelque 5000 signatures pour un «Yumbo fier et bruyant». Le texte relève, par ailleurs, les «règlements bizarres» nouvellement imposés, comme sur la hauteur des stores de terrasse et l’obligation d’installer des parois coupe-vent transparentes.

Marco Pérez Sanchez, maire conservateur de San Bartolomé de Tirajana, a répliqué que son intention n’était nullement d’entraver les affaires de la scène LGBT. Au contraire, il affirme vouloir améliorer l’attractivité du secteur et «booster le contrôle de la qualité et de la sécurité», a-t-il expliqué à Gay Star News. Les restrictions sur les terrasses sont principalement destinées à garantir l’accès aux bornes hydrantes, essentiel en cas d’incendie. Un feu spectaculaire avait touché le centre en mai 2013, en peine Pride, sans faire de victimes.

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