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Meurtre d’un militant gay: Yaoundé s’en prend aux médias

Les autorités camerounaises prennent de haut les condamnations internationales qui ont suivi l'assassinat d'Eric Lembembe. Pour elles, les médias «spéculent» sur les violences antigay dans le pays.

«C’est une attaque contre la nation, dont l’image est traînée dans la boue.» Voilà comment Issa Tchiroma, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, a qualifié les articles consacrés par la presse internationale au meurtre d’Eric Lembembe. Ce responsable d’une association de lutte contre le sida a été sauvagement torturé et assassiné. Son corps a été retrouvé à son domicile, lundi. Lembembe travaillait notamment à documenter les menaces et les violences homophobes dans son pays, où l’homosexualité reste illégale. Le drame a déclenché une série de condamnations de la part des chancelleries occidentales, du Département d’Etat américain à la France, en passant par l’UE et les Nations unies.

Chasse aux sorcières
Pour le ministre, toutefois, les articles consacrés à la mort de l’activiste relèvent de «spéculations et d’une chasse aux sorcière», rapporte l’agence AP (via). Il a catégoriquement démenti tout «complot» contre les gays camerounais. «De nombreux homosexuels notoirement connus vivent et circulent en toute liberté sans que soient organisées des battues ou des expéditions punitives contre eux.» Et de mettre en garde les membres de la société civile qui s’aventureraient à livrer aux médias des informations sur l’affaire. Ils pourraient être poursuivis pour violation du secret de l’instruction, a-t-il précisé, affirmant que «toute la lumière serait faite» sur le meurtre.

Aujourd’hui, onze associations ont exigé du gouvernement et du président Paul Biya qu’ils prennent des «mesures fortes pour arrêter une vague de haine et protéger une minorité persécutée de citoyens». Jeudi, les avocates du défunt avaient dénoncé une enquête bâclée par la police, relate le site de «Jeune Afrique».