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Le chantier ne fait que commencer!

Des bénévoles enthousiastes, des délégations venues en force du Sud et de l’Est et la présence des institutions internationales ont contribué au succès de la 23e conférence mondiale de l’ILGA, qui s’est achevée le 3 avril à Genève.

Ces derniers mois, Yves de Matteis a consacré le plus clair de son temps à décrocher des visas et tenter de financer des bourses permettant à un maximum de délégués du Sud de faire le déplacement de Genève. Un travail énorme pour le coordinateur de la 23e Conférence mondiale de l’ILGA (International Lesbian and Gay Association), mais qui en valait la peine: «C’est la première fois, explique-t-il, qu’il y avait autant de délégations étrangères – en particulier une véritable délégation africaine, comptant une vingtaine de personnes.» Cette présence des pays en voie de développement et émergents a imprimé aux huit jours de conférence un souffle fort, et notamment permis l’établissement de nouvelles passerelles avec les organisations LGBT d’Europe et d’Amérique du Nord.

Une des clés du succès de la conférence: les traducteurs et interprètes bénévoles, venus nombreux participer à l’événement, et qui ont fait en sorte que les témoignages et expériences soient entendus et compris par un maximum de personnes. Tout aussi décisive a été l’implication remarquée des associations locales (entre autres pour plusieurs soirées mémorables) et nationales, à un niveau jamais vu pour un tel événement.

Diplomatie de couloirs
Une avalanche de débats et d’ateliers, des dizaines de bénévoles sur le pont, des délégués en nombre record (près de 250)… mais très peu de public et d’écho dans les médias. Yves de Matteis relativise: «On n’a peut-être pas fait assez au niveau de la communication. Cela dit, il faut penser que ce type d’événement attire peu les médias. Par rapport aux thématiques abordées, la conférence n’est finalement qu’un épiphénomène.» Le véritable enjeu de la conférence se situait plutôt dans la «diplomatie de couloirs». En effet, de nombreuses ONG internationales et d’agences onusiennes telles que l’OMS ou le BIT, étaient présentes et ont pu engager le dialogue, voire des collaborations, avec des organisations LGBT. De même, la plupart des délégués ont pu rencontrer les représentants de leur mission diplomatique. «C’est un work in progress, un chantier, commente Yves de Matteis. Il s’agit d’ancrer l’ILGA à long terme en tant que partenaire.»

En revanche, l’ILGA a manqué son rendez-vous avec la Commission des droits de l’homme de l’ONU, initialement prévue aux mêmes dates, mais suspendue en raison de son prochain remplacement par le Conseil des droits de l’homme. Pour l’ILGA, toujours privée de son statut consultatif à l’ONU, ce n’est que partie remise. Ainsi, le Conseiller administratif genevois Patrice Mugny a-t-il laissé entendre que la Ville de Genève serait favorable à la création, à Genève, d’un Secrétariat de l’ILGA pour les droits LGBT, «un projet important pour la réputation de Genève dans le domaine des droits humains», commente Yves de Matteis.