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Le meurtre sauvage de Stuart Walker requalifié en simple homicide

Un an après le calvaire d’un gay de 28 ans, le jeune de 19 ans qui a avoué le crime voit les charges pesant contre lui réduites. Selon la juge, le drame serait le résultat d’abus sexuels dont l’accusé a souffert enfant.

Le crime avait horrifié tout le Royaume-Uni, à la fin octobre 2011. Le corps d’un barman gay de 28 ans, un garçon très apprécié dans la région, avait été retrouvé carbonisé près de la petite ville de Cumnock. Les médias avaient alors évoqué la piste d’une attaque homophobe – une hypothèse toutefois rapidement écartée par la police, qui avait arrêté un suspect peu après, rappelle «The Guardian».

Ce suspect, Ryan E., un ado de 18 ans à l’époque, avait d’abord prétendu que lui et Stuart Walker avaient été attaqués par un groupe d’individus. Interrogé à nouveau quelques jours plus tard, il avait avoué être l’auteur du crime.

«Rage incontrôlable»
En fait, Walker et lui se seraient arrêtés dans une zone industrielle où ils auraient eu un rapport sexuel qui a très mal tourné. L’épisode aurait fait ressurgir chez Ryan des «flashes» d’abus sexuels subis dans son enfance. Il aurait alors été saisi par une «rage incontrôlable». Bien que beaucoup plus frêle que Walker, il aurait roué de coups ce dernier avant de l’étrangler pendant quatre minutes fatales. Ensuite, il aurait tenté de faire disparaître le corps en y mettant le feu. L’adolescent a reconnu que Walker s’était pourtant comporté de manière amicale avec lui, et que leur rapport sexuel avait été consenti. Un officier de police a témoigné de la «totale stupéfaction» de Ryan E. devant son propre geste.

A l’audience, jeudi, la Cour a accepté l’hypothèse que le crime serait le résultat d’un «stress post-traumatique». La juge a donc requalifié les faits en homicide, abandonnant l’accusation de meurtre, bien plus grave. Cette décision a indigné les proches et les voisins de la famille Walker. Le père de Stuart est mort d’une crise cardiaque trois mois après les faits. «Il y a un risque de créer l’impression que tout meurtre, même atroce, peut être minimisé d’un manière ou d’une autre. C’est une insulte aux victimes et à leurs familles», a commenté un élu local. Le verdict est attendu en décembre.

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9 nov. 2012   Thèmes: Étiquettes : , , , ,

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