Culture

Le FIFDH fête ses 20 ans en célébrant les femmes

Pendant 10 jours, du 4 au 13 mars, le festival genevois propose des films suivis de débats pour dénoncer toutes les violations contre les droits humains partout où elles se produisent.

L’un des évènements les plus importants dédié au cinéma et aux droits humains à travers le monde, le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) fête sa vingtième édition, la dernière de sa directrice générale Isabelle Gattiker, qui va ensuite prendre les rênes de  l’Office cantonal genevois de la culture et du sport (OCCS).

Depuis 20 ans, le festival se tient en parallèle avec la session principale du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Durant 10 jours, il  propose des films suivis de débats pour dénoncer toutes les violations contre les droits humains partout où elles se produisent.

Diplomate·x·s, ONG, victimes, artiste·x·s, financier·e·x·s, militant·e·x·s, journaliste·x·s et grand public sont invité·e·x·s à confronter leurs points de vue. Chaque débat est retransmis sur internet : chacun·e·x peut poser des questions, en direct, depuis n’importe quel endroit de la planète.

Cette vingtième édition qui «dresse un panorama de réflexions, d’élans, de rêves et de nouvelles manières d’habiter le monde, une tâche et un défi considérables» est dédiée à deux remarquables personnalités: Pham Doang Trang, journaliste vietnamienne de 43 ans, en détention depuis octobre 2020 et récemment condamnée à neuf ans de prison pour « propagande contre l’Etat », ainsi qu’à Ida Leblanc, défenseuse des droits des employé-es de maison à Trinidad et Tobago.

Parmi les films proposés au sein des différentes compétitions (documentaires de création fictions et grands reportages), on signalera tout particulièrement Nelly et Nadine, l’histoire saisissante de deux femmes tombées amoureuses la veille de Noël 1944, dans le camp de concentration de Ravensbrück. Pendant de nombreuses années, leur relation a été gardée secrète, également pour les membres les plus proches de leur  famille. La petite fille de Nelly a enfin décidéd’ouvrir les nombreuses boîtes contenant les archives personnelles inédites des deux amantes.

Au-delà des œuvres, le FIFDH propose des tables rondes, des expositions, des rencontres, dont celle avec la Soudanaise Eythar Gubara, photographe, activiste, membre du jury international et militante  pour les personnes LGBTQI+. Depuis 2014, elle tisse, par ses photographies et son engagement quotidien, le combat pour les droits humains, dans un pays où la démocratie est fragile, et où l’homosexualité était condamnée à mort jusqu’en 2019.

Par ailleurs. dans le cadre de ses Grands entretiens, le festival recevra la célèbre Chelsea Manning. Sortie de prison en 2017, ancienne analyste trans de l’armée américaine et lanceuse d’alerte ayant révélé les exactions commises par des soldat·es américain·es en Irak, elle apporte son regard sur les problématiques de surveillance, de contrôle des utilisateur·trice·x·s et des capacités accrues d’analyse des données. Experte en sécurité et aujourd’hui collaboratrice de la start-up neuchâteloise Nym Technologies, Chelsea Manning aide à développer des outils pour assurer la confidentialité de nos données en ligne.

FIFDH, du 4 au 13 mars.

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4 mars 2022   Thèmes: Étiquettes :