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Petite philosophie à l’attention des rêveurs

Chapitre 2: De l'importance d'être constant et courtois dans les toilettes publiques.

Le mois dernier, nous apprenions les vertus de l’humilité et de la bonhomie dans les chemins de fer. Il est à présent temps d’étudier les bienfaits de la bienséance, eh oui, dans les lieux d’aisance publics, tasses ou wc, au risque d’un anglicisme, des cafés et restaurants.

Le balai se fout rarement des chiottes
Contrairement à ce que peut laisser entendre l’adage populaire, propreté peut parfois rimer avec aisance. Ainsi, que le rustre vous ayant précédé soit le responsable de cette constellation sur la lunette et non vous-même importe peu: vous nettoierez ladite cuvette dans tous les cas. C’est à force de responsabilités endossées que naît la conscience collective! Par ailleurs, vous prendrez également soin de débarrasser l’émail de toute trace de votre passage: vous venez de passer deux plombes à feuilleter L’Equipe sur le trône, vous pouvez consacrer trente secondes de plus à l’emploi du balai. Adage populaire une fois encore: on ne se démerde jamais aussi bien que par soi-même. N’hésitez pas par ailleurs, si vous êtes de ceux ou celles qui aiment à se promener avec un flacon de leur eau de toilette, à adresser quelques pshit pshit énergiques à l’espace exigu qui peinera à régénérer son atmosphère avant l’arrivée du prochain usager sans votre généreuse aide. Ce d’autant que les toilettes publiques ne sont que rarement désodorisés. On prendra néanmoins soin d’éviter la manœuvre avec un parfum trop capiteux qui pourrait finalement plus incommoder que satisfaire (exit donc les Poison de Dior et autres Mitsouko de Guerlain).

Quand on embrasse une pétasse dans les tasses…
Si d’aventure les lieux d’aisance devaient se révéler le théâtre de joutes à caractère sexuel, que ce soit dans une vespasienne ou les wc d’une discothèque, n’oubliez qu’à chaque commission, son pourcentage d’élégance. Ainsi, outre les mesures de propreté préconisées au point précédent, on prendra soin de veiller à faire ses petites affaires en un temps que les Anglo-Saxons aiment à désigner par «quickie», se rappelant que les lieux sont initialement destinés à un autre type de soulagement et que la queue est longue qui attend le dénouement heureux de vos ébats.

Sympathiser avec la queue
Allons, allons, pas d’orgueil mal placé. Ne croyez pas qu’une fois derrière la porte des cabines, plus personne ne vous voit. Levez les yeux: la paroi de séparation s’arrête à peu près aux racines de votre mini-vague. Baissez-les à présent: la même paroi laisse apparaître vos poils de chevilles, révélant à la face du monde que vous portez les mêmes chaussettes depuis l’âge de 14 ans ou, pire, que vous fournissez au rayon enfant par souci d’économie. Soyez donc franc et réaliste. De même, à l’urinoir, il n’y a que vous pour croire que parce que vous fixez votre attention sur votre prépuce, le monde de flitch et de flotch vous entourant a disparu… Optez donc d’emblée pour un radieux et franc «Bon’our!» qui aura au moins l’avantage de créer, sinon la bonne humeur, au moins la convivialité nécessaire à l’indifférence de chacun.

Julie Lascaut
En matière de graffiti, quelques règles d’emblée s’imposent: à moins de vouloir exploser le bec de votre stylo-plume (qui se promène avec un feutre indélébile dans la poche en dehors des maçons et des vandales?), vous prendrez soin de coincer une carte de visite ou un bristol dans l’encadrement de la porte de votre cabine ou derrière la chasse, afin de fixer un rendez-vous à d’autres congénères en goguette. De même, plutôt que de barbouiller la surface des catelles de mots grivois ou de dessins suggestifs, vous collerez un post-it sur lequel vous aurez inscrit les mêmes juteuses maximes et autres illustrations hautes en couleur. Cela permettra aux personnes intéressées de vous rencontrer ou aux lecteurs charmés par votre prose de directement emporter vos coordonnées ou vos dessins.

N’oubliez pas le livre d’or
Dans certains établissements d’un certain standing, il est un panneau, accroché près des lavabos, qui indique qui a nettoyé les lieux et à quelle heure. A côté du visa d’approbation du garde-chiourme responsable de l’hygiène de l’établissement, qui nous n’en doutons pas ne doit que rarement relever la lunette avant de se soulager sur le travail irréprochable de notre vaillant ami et travailleur tamoul qui vient de quitter son emploi de chauffeur de trolley Elvetino pour se sédentariser chez Mövenpick, eh bien, à côté de ce visa, vous ne manquerez pas de griffonner un mot d’encouragement, un petit sourire ou que sais-je, propre, et c’est le cas de le dire, à remonter le moral de notre ami et désormais récurrent protagoniste.