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#exposition #Théâtre

Daniel Hellmann, Planet Moo

Genève, dim 5 février - jeu 16 février
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La Saint-Valentin du Q

Genève, ven 10 février - dim 12 février

Bactéries voyageuses

Leurs noms fleurent bon le dix-neuvième siècle: chlamydia, condylomes, syphilis… Les infections sexuellement transmissibles reviennent à la charge. A Genève, c’est une gonorrhée plutôt coriace et voyageuse qui fait parler d’elle.

La gonorrhée (notre bonne vieille blennorragie) touche l’urètre, la bouche ou l’anus, et s’attrape lors de rapports sexuels non protégés. Si sa progression est constante, de 262 cas rapportés en Suisse en 1998, à 609 en 2003, une récente étude menée par le Direction genevoise de la santé indique une tendance inquiétante. En effet depuis l’année dernière, un cas de gonorrhée sur deux – en majorité des hommes ayant des rapports homosexuels – manifeste des résistances aux antibiotiques qui contraignent la personne infectée à subir un traitement plus lourd que celui prescrit habituellement.
L’étude genevoise préconise que les «voyageurs, surtout dans la communauté gaie, soient informés de ces nouveaux risques, et encouragés encore à la pratique du safer sex». De fait, la recherche signale une corrélation entre les gonos les plus coriaces et un voyage à l’étranger. A l’heure où les backrooms bruxelloises ou la débauche vaporeuse des hammams de Budapest s’offrent au prix d’un aller-retour aux Rochers-de-Naye, cette indication fait réagir Vincent Jobin, du projet Santé Gaie de Dialogai: «Les gais voyagent sûrement davantage depuis l’apparition de ces compagnies aériennes à bon marché, surtout vers les principales villes d’Europe. Le fait est que beaucoup de gais s’offrent des week-ends de sexe dans un cadre anonyme où en très peu de temps, ils multiplient les partenaires et les risques de contracter une infection.»
Pour Philippe Sudre, médecin cantonal délégué pour les maladies infectieuses, le problème majeur n’est pas forcément là: «Il ne serait pas constructif de dire: Soyez très prudents quand vous allez vous amuser dans une grande ville européenne, vous risquez de ramener des choses à Genève! D’un point de vue de santé publique, prenez une population gaie dans un endroit donné: 10 000 personnes, parmi lesquels seule une minorité, disons un millier, voyage. Même si ces 1000 hommes se désinhibent et prennent des risques, les conséquences de ces prises de risque dépendront beaucoup plus de l’attitude des 9000 gais restés au pays. C’est aussi à Genève que ça se joue!»